L’ayant côtoyé avant d’être célèbre, Florent Pagny cash sur J-P. Belmondo : « J’ai passé 10 jours avec, il était…

Jean-Paul Belmondo et Florent Pagny
INA (DR) / France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Avant de devenir l’un des chanteurs les plus populaires de sa génération, Florent Pagny a d’abord tenté sa chance devant la caméra. Au début des années 1980, alors encore inconnu du grand public, il a eu l’occasion rare de partager l’affiche avec un monument du cinéma français. Une rencontre fondatrice, gravée à jamais dans sa mémoire, qu’il a racontée sans détour bien des années plus tard.

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Figure aujourd’hui incontournable de la chanson française, Florent Pagny a pourtant longtemps hésité entre deux voies artistiques. Originaire de Chalon-sur-Saône, il s’est d’abord projeté dans une carrière d’acteur et a multiplié les expériences au cinéma au début des années 1980. C’est dans ce contexte qu’il décroche un rôle secondaire dans « L’as des as », immense succès populaire sorti en 1982, porté par un Jean-Paul Belmondo au sommet de sa popularité.

Dans cette comédie réalisée par Gérard Oury, Florent Pagny incarne un jeune boxeur de la délégation française lors des Jeux olympiques de Berlin en 1936. Face à lui, Jean-Paul Belmondo campe Jo Cavalier, entraîneur fantasque et charismatique, personnage central du film. Pour le futur interprète de « Savoir aimer », cette immersion aux côtés d’un tel monument du septième art restera une expérience hors du commun, comme il l’avait confié à RTL avec beaucoup d’émotion :

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« Imaginez à mon âge, passer dix jours avec Jean-Paul Belmondo… C’était juste un rêve, un fantasme. Tu vois une icône et le mec est juste accessible et sympathique. Il est rempli d’empathie. Il te regarde, il sourit… »

Au-delà de cette première rencontre, l’homme à la carrière prolifique n’a jamais oublié le jeune figurant devenu star de la chanson. Une reconnaissance qui a profondément touché Florent Pagny au fil des années, à chacune de leurs retrouvailles. Toujours au même micro, le chanteur racontait avec tendresse :

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« À la suite de cette aventure, bien sûr que dès qu’on se croisait, c’était toujours un plaisir de se retrouver ou d’échanger quelques mots. Parce qu’il se rappelait du petit boxeur, qui n’était pas vraiment boxeur mais bon, qui venait et puis qui un jour s’est mis à chanter. Et il voit tout ça se dérouler, il était content et fier même. »

Cette parenthèse cinématographique, Florent Pagny ne la renie pas, bien au contraire. Elle symbolise une période charnière de sa vie, avant qu’il ne choisisse définitivement la musique comme terrain d’expression principal. Un choix assumé, sans le moindre regret, qu’il résumait ainsi avec lucidité :

« Ce film résume assez bien ma carrière d’acteur. C’est-à-dire que c’est très limité, je suis le Poulidor du casting, j’arrive toujours le deuxième ! Si je le regrette ? Ah ben non, au contraire même. D’abord, mon univers c’est beaucoup plus la chanson, la musique. Et ensuite, vous vous rendez compte le film que je vis ? Je ne peux pas le laisser pour aller au cinéma. Mais aussi le cinéma qui me l’a permis en ne me proposant rien, en ne venant jamais me chercher. S’ils revenaient aujourd’hui ? Non, c’est trop tard. »

Loin des clichés sur les stars inaccessibles, Jean-Paul Belmondo a marqué ceux qui l’ont côtoyé par sa simplicité et son humanité. Le regard admiratif de Florent Pagny, resté intact des décennies plus tard, illustre parfaitement l’héritage laissé par « Bébel », aussi grand acteur que profondément humain.

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