Sans filtre, Philippe Candeloro lâche tout sur la France : « Ici, c’est une maladie aujourd’hui d’être…

Philippe Candeloro évoque la France
KTO (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Habitué aux prises de parole sans détour, Philippe Candeloro ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque la société française actuelle. À 53 ans, l’ancien champion de patinage artistique pose un regard très critique sur l’évolution de la liberté d’expression dans l’Hexagone. Un discours frontal, assumé, et fidèle à un tempérament qui n’a jamais cherché à plaire à tout prix. Quitte à déranger.

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Personnalité emblématique du patinage artistique français, Philippe Candeloro s’est forgé une réputation bien au-delà des patinoires. Médaillé de bronze aux Jeux olympiques d’hiver de 1994, le Courbevoisien est surtout devenu une figure incontournable du petit écran grâce à ses commentaires hauts en couleur, notamment aux côtés de Nelson Monfort. Un style volontiers provocateur, qui lui a valu autant d’adhésion populaire que de critiques virulentes.

Avec le recul, l’ancien sportif ne renie pas certains dérapages passés, mais il estime que le contexte actuel va bien au-delà de simples rappels à l’ordre. Selon lui, une forme de censure diffuse s’est installée, poussant chacun à surveiller ses paroles en permanence. Une évolution qu’il vit comme une remise en cause profonde de ce qu’il est, tant sur le plan personnel que professionnel. Invité de l’émission Figaro La Nuit, Philippe Candeloro a exprimé son malaise face à cette atmosphère qu’il juge étouffante :

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« Aujourd’hui avec le #MeToo, avec le wokisme, on n’est plus aussi naturels qu’au départ. On ne nous dit pas “tu ne peux pas dire ça, tu ne peux pas faire ci »… On s’autocensure par peur (…) que chaque mot qu’on va prononcer va être presque une insulte. On essaie de m’enlever mon ADN, la façon dont j’ai vécu toute ma vie, c’est-à-dire avec mes blagues potaches à la con ! »

Dans la continuité de son propos, l’ancien patineur a ensuite évoqué sa situation personnelle, estimant que certaines évidences sont aujourd’hui devenues problématiques. Toujours au micro du Figaro, il déclarait :

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« Moi je suis hétéro, oui. Est-ce que c’est une maladie aujourd’hui? J’ai l’impression que oui. La liberté d’expression ? Ça me frustre de voir qu’on est soi-disant un pays de libertés et que finalement, on n’est plus aussi libres que ça. »

Conscient que certaines de ses sorties ont pu choquer, notamment une remarque passée sur le physique d’une patineuse, Philippe Candeloro tient néanmoins à rappeler l’impact positif de son arrivée à la télévision. Il revendique un rôle majeur dans la popularisation de sa discipline, chiffres à l’appui :

« Sauf que grâce aux propos que j’ai pu tenir, on a amené 3 millions de téléspectateurs supplémentaires à un moment donné. Avant que j’arrive, on s’ennuyait. On a apporté un peu d’humour (…), ce qui faisait que des mecs qui ne regardaient jamais le patinage se sont mis à nous écouter. Mec ou dame ! »

Une liberté de ton qui pourrait toutefois lui coûter cher, comme il le confiait sans détour :

« Aujourd’hui, France Télévisions risque de me virer, parce que je ne suis plus celui qu’ils sont venus chercher il y a seize ans… »

À l’image de nombreux observateurs, Philippe Candeloro se dit désabusé par une époque qu’il juge corsetée par la peur de la polémique. Entre adaptation contrainte et fidélité à lui-même, l’ancien champion avance désormais sur une ligne de crête. Reste à savoir si son franc-parler trouvera encore sa place dans un paysage médiatique de plus en plus normé.

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