Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Icône d’une époque aujourd’hui révolue, Brigitte Lahaie continue de fasciner autant qu’elle intrigue. Longtemps associée à l’âge d’or du cinéma pour adultes en France, l’ancienne actrice assume pleinement ce passé qui a forgé sa notoriété. À 70 ans passés, elle n’élude aucune question, pas même celles qui fâchent. Y compris lorsqu’il s’agit d’argent.
Figure incontournable du cinéma X français à la fin des années 1970 et au début des années 1980, Brigitte Lahaie a marqué toute une génération de spectateurs. En seulement cinq années de carrière dans le milieu, la native de Tourcoing a tourné pas moins de 116 films, longs et courts-métrages confondus, devenant l’une des actrices les plus demandées de son époque. Une popularité fulgurante, suivie d’un virage radical vers d’autres horizons professionnels.
Progressivement éloignée des plateaux sulfureux, Brigitte Lahaie a su se réinventer avec succès, notamment à la radio, où elle s’est imposée comme une voix écoutée et respectée. L’animatrice, passée par RMC avant de rejoindre Sud Radio, n’a pourtant jamais renié ses débuts. Bien au contraire, elle revendique ce parcours sans détour, y compris lorsqu’il s’agit d’évoquer les réalités financières de cette industrie souvent fantasmée.
Invitée de l’émission « Touche pas à mon poste », Brigitte Lahaie avait ainsi accepté de répondre aux questions de Cyril Hanouna sur les cachets qu’elle percevait à l’époque, livrant des chiffres précis :
« Oui, plus qu’une secrétaire, mais c’est pas des fortunes. C’était 800 à 1.000 francs la journée, sachant qu’un film mettait une semaine à être tourné à l’époque. »
Des montants qui peuvent sembler modestes aujourd’hui, mais qu’il convient de replacer dans leur contexte économique. À l’époque, 1.000 francs représentaient environ 150 euros, soit près de 350 euros une fois l’inflation prise en compte. Sur une semaine complète de tournage, l’interprète emblématique pouvait ainsi toucher l’équivalent de près de 2.000 euros actuels.
Toutefois, certains projets sortaient largement du lot. Toujours sur le plateau de l’émission, Brigitte Lahaie évoquait un cachet exceptionnel perçu pour un film érotique tourné en 1985 :
« C’était sur « Joy et Joan ». C’était environ 100.000 francs (soit environ 15.000 euros, ndlr). »
Aujourd’hui retraitée, la septuagénaire ne se plaint pas de sa situation financière. Touchant environ 2.000 euros de pension et poursuivant son activité à la radio, elle a tenu à rassurer sur sa stabilité économique. Au micro de Sud Radio, elle confiait simplement :
« Je gagne bien ma vie à la radio. »
Avec le recul, Brigitte Lahaie regarde cette période de sa vie avec lucidité et sérénité. Loin des clichés, son parcours illustre une trajectoire rare, faite de reconversion réussie et d’assumation totale. Désormais tournée vers la transmission et l’échange, l’ancienne star du X savoure une liberté acquise au fil des décennies, sans jamais renier ce qui l’a menée là où elle est aujourd’hui.
