Pourtant interdit par son club, l’habitude dingue de Zinédine Zidane en Italie : « C’est vrai que…

Zinédine Zidane évoque l'Italie
Real Madrid (DR)

Par Rédaction | Sport

Avant de devenir une légende du Real Madrid et un héros éternel de l’équipe de France, Zinédine Zidane a connu une étape fondatrice de sa carrière en Italie. À Turin, le milieu de terrain a découvert un football bien plus strict, encadré, presque militarisé. Mais même dans ce cadre rigide, le futur Ballon d’or n’a jamais totalement renié ses racines. Quitte à enfreindre une règle formelle de son club.

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Lorsque Zinédine Zidane rejoint la Juventus de Turin à l’été 1996, Zinédine Zidane change clairement de dimension. Le Français quitte Bordeaux pour intégrer l’un des clubs les plus puissants d’Europe, où la discipline est omniprésente et les exigences extrêmes. En Italie, l’ancien Bordelais découvre des entraînements éprouvants, une attention médicale permanente et une rigueur qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Une culture du contrôle qui tranche radicalement avec ses débuts sur les terrains vagues de la Castellane, à Marseille.

Figure majeure de la Juve de la fin des années 1990, l’ancien joueur des Girondins se plie globalement aux règles imposées par le club piémontais. Mais une interdiction en particulier lui pèse : celle de jouer au football en dehors du cadre officiel, afin d’éviter tout risque de blessure. Une consigne claire, respectée par la majorité du vestiaire… sauf lorsque l’influent Edgar Davids s’en mêle.

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Dans une interview accordée il y a quelques années, Zinédine Zidane avait raconté comment le Néerlandais l’avait entraîné à braver cet interdit :

« Un jour après l’entraînement, Edgar Davids est venu me voir et m’a dit : « Tu veux venir avec moi jouer un match de rue ? » Je lui ai dit qu’il était fou, d’autant que c’était interdit pour tous les joueurs par le club, afin d’éviter les blessures. »

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Malgré ses réticences initiales, le champion du monde finit par céder, happé par l’appel du jeu pur et spontané. Il poursuivait alors son récit :

« Au bout du compte, il m’a convaincu, et j’ai décidé d’aller jouer un match avec lui dans une sorte de parking. J’ai fini par y aller plusieurs fois, et c’est vrai que je portais un chapeau de pêcheur. On jouait contre certains des jeunes, ou parfois des migrants, qui étaient venus à Turin… »

Pour le Marseillais, ces escapades clandestines rappellent l’essence même de son amour du ballon rond. Un football brut, populaire, loin des stades aseptisés et des contrats millionnaires. Une vision que partageait pleinement Edgar Davids, comme Zidane le soulignait encore :

« Edgar adorait ça. Il allait jouer très souvent. Il conduisait dans la ville, et quand il voyait quelqu’un jouer dans un parking ou un terrain vague, il s’arrêtait et il allait jouer. Il me disait toujours : « C’est pour eux que nous jouons. Les matchs importants, ce sont ceux-là ».

Je lui disais que nous nous entrainions tous les jours et que nous ne pouvions pas aller jouer avec des jeunes dans la rue. Alors il me disait : « Toi, tu as changé ! Tu ne te rappelles plus de ton quartier et de ce que tu faisais avant ». C’était impressionnant parce qu’on s’amusait, mais c’était fou aussi d’aller, après un entrainement, jouer sur du goudron avec des jeunes. Lui le faisait très, souvent et avait une très bonne technique. »

À l’heure où le football est plus que jamais corseté par les impératifs économiques et physiques, ces souvenirs racontent une autre époque. Celle où des stars internationales prenaient encore le risque de jouer pour le simple plaisir, au mépris des consignes de leur club. Une parenthèse romantique incarnée par Zinédine Zidane et Edgar Davids, et qui continue de nourrir la légende de ces footballeurs à part.

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