Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le débat sur l’identité du visage de la NBA revient régulièrement, à mesure que la ligue évolue et s’internationalise. À l’heure où de nouveaux talents dominent les parquets, certaines figures historiques continuent pourtant de défendre une vision très ancrée dans la tradition américaine du championnat.
Draymond Green n’a pas esquivé la question lorsqu’elle lui a été posée. Habitué aux prises de position tranchées, l’intérieur de Golden State estime que Victor Wembanyama, malgré son talent hors norme et son aura grandissante, ne pourra jamais incarner le visage de la NBA. Selon lui, la nationalité et même le profil physique du Français constituent des freins majeurs à cette reconnaissance ultime.
« Nous n’avons encore jamais vu un joueur non-américain être le visage de la NBA. Le visage de la ligue et le meilleur joueur sont deux choses totalement différentes, et ce jeu a été créé, dominé et façonné en Amérique », a expliqué Draymond Green, posant ainsi les bases de son raisonnement.
Une vision ancrée dans l’histoire de la NBA
Dans son argumentaire, Green rappelle que les grandes ères médiatiques de la ligue ont toujours été incarnées par des figures américaines. Magic Johnson, Michael Jordan, Kobe Bryant ou LeBron James ont dépassé le simple cadre sportif pour devenir des symboles culturels, soutenus par une machine marketing puissante et une identification forte du public.
« Peut-on vraiment avoir un visage de la NBA qui vient de France, qui n’est pas américain ? Est-ce que cela résonne vraiment auprès du public américain ? Parce que, au final, c’est ce qui compte quand on devient le visage de la ligue », poursuit-il, insistant sur l’importance du lien avec le marché domestique.
Draymond Green avance également un autre élément qu’il juge déterminant : la difficulté du public à s’identifier à un joueur au gabarit aussi hors norme que celui de Victor Wembanyama. Avec ses 2,26 mètres, le Français représente une exception physique qui, selon lui, complique l’identification du grand public, là où les icônes passées semblaient plus accessibles.
« Wembanyama a l’amour du jeu et l’engagement pour devenir ce visage, mais celui-ci doit être accepté et façonné par les gens. Je ne sais pas si les gens peuvent vraiment s’identifier à un joueur de 2,26 mètres, et encore moins à un non-Américain, en particulier un Européen », a-t-il ajouté. Cette position tranche avec l’évolution récente de la NBA. La ligue n’a jamais été aussi internationale, avec une présence record de joueurs étrangers et une domination statistique et individuelle de stars venues d’ailleurs.
