Par Rédaction | Sport
Passé par de nombreux clubs prestigieux au cours de sa carrière, Florian Thauvin a connu des ambiances parmi les plus bouillantes du football mondial. Mais avant de s’imposer au plus haut niveau, c’est en Corse que l’ailier tricolore a véritablement lancé sa trajectoire. Un passage fondateur, marqué par des souvenirs contrastés. Des années plus tard, le champion du monde n’a d’ailleurs pas hésité à livrer un regard franc sur l’île de Beauté et ses habitants.
Figure bien connue du football français, Florian Thauvin a bâti une carrière faite de rebonds, de patience et de réussites éclatantes. International à dix reprises avec l’équipe de France, vainqueur de la Coupe du monde 2018, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille n’était pourtant pas promis à un tel destin lors de ses débuts. Formé à Grenoble, il peine d’abord à s’imposer dans l’Isère et ne dispute que trois rencontres de Ligue 2 avant que le club ne dépose le bilan, le laissant sans contrat et dans l’incertitude la plus totale.
C’est alors que le SC Bastia lui tend la main. En rejoignant le club corse, le jeune attaquant trouve bien plus qu’un simple point de chute. À Furiani, il découvre un environnement passionné, exigeant, mais surtout propice à son éclosion. Dès sa première saison en Ligue 1, il s’impose comme l’un des grands espoirs du championnat, au point de décrocher le trophée UNFP de meilleur espoir. Une récompense qui accélère tout et attire l’attention de plusieurs cadors de l’Hexagone.
La Corse, et son folklore unique, a aussi connu des épisodes plus sombres. L’un des plus marquants survient le 16 avril 2017, lors d’une rencontre de Ligue 1 entre le SC Bastia et l’Olympique Lyonnais. Ce jour-là, le match est interrompu après l’envahissement de la pelouse par des supporters bastiais, venus s’en prendre aux joueurs lyonnais. L’affaire fait grand bruit, la rencontre est finalement perdue sur tapis vert par le club corse, et les conséquences sportives comme médiatiques sont lourdes.
Quelques jours après ces événements, Florian Thauvin, alors joueur de l’Olympique de Marseille, est interrogé sur cet incident. L’ancien Marseillais, qui conserve un souvenir fort de son passage sur l’île de Beauté, peine à reconnaître l’image renvoyée par ces débordements. Il exprime alors son incompréhension et tient à dissocier les actes d’une minorité du ressenti global qu’il garde de la population locale :
« Ça a été, pour moi, deux années formidables. Ça s’est toujours bien passé. Quand vous jouez à Furiani, il y a beaucoup de pression mais je n’ai jamais vu de problème. Quand j’y retourne, ils me chambrent mais ce n’est pas méchant. Ça fait partie du jeu. Les Corses ne sont pas de mauvaises personnes, ce sont des gens gentils. Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé. »
Des paroles qui tranchent avec la violence des images diffusées ce jour-là, et qui rappellent à quel point l’expérience d’un joueur peut différer de la perception extérieure. Pour le champion du monde, ces incidents isolés ne sauraient résumer l’accueil qu’il a reçu durant ses deux saisons sous le maillot bleu du Sporting.
Malheureusement pour le SC Bastia, ces débordements ont eu des répercussions durables. Les rencontres suivantes sont disputées à huis clos et délocalisées, privant le club de son public. Sportivement fragilisé, le Sporting termine la saison en grande difficulté et est relégué en Ligue 2 à l’issue de l’exercice.
Avec le recul, le passage de Florian Thauvin en Corse reste celui d’un tremplin décisif, mais aussi d’un attachement sincère à une terre et à ses habitants. Malgré les excès d’une minorité, l’ancien Bastiais continue de défendre une image nuancée de l’île de Beauté, fidèle aux souvenirs positifs qui ont marqué les débuts d’une carrière désormais bien remplie.
