Parti et toujours frustré, Franck Ribéry (42 ans) balance sur la France : « Les Français ont…

Franck Ribéry parle de la France
Serie A (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Né en France et révélé aux yeux du grand public sous le maillot bleu, Franck Ribéry n’a pourtant jamais entretenu une relation apaisée avec son pays. Au fil des années, la fracture s’est creusée, jusqu’à devenir irréversible. Désormais installé à l’étranger, l’ancien international n’a jamais vraiment digéré ce qu’il considère comme une profonde injustice. Et il n’a pas hésité à le faire savoir.

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Pur produit du football français, Franck Ribéry a longtemps incarné l’une des figures majeures de l’équipe de France. De la Coupe du monde 2006 à l’Euro 2012, l’ancien ailier du Bayern Munich s’est imposé comme un cadre incontournable des Bleus. Pourtant, malgré 81 sélections et un statut de star internationale, la relation entre Franck Ribéry et le public français s’est progressivement détériorée, jusqu’à une rupture assumée.

Le point de bascule intervient à l’approche de la Coupe du monde 2014. Leader technique des Bleus lors des barrages face à l’Ukraine, Franck Ribéry se blesse gravement au dos quelques semaines avant le Mondial. Contraint de déclarer forfait, il voit une nouvelle génération éclore sans lui. Dans la foulée, vexé et meurtri, l’ancien Marseillais annonce sa retraite internationale, laissant derrière lui un profond sentiment d’amertume.

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Quelques années plus tard, dans un entretien accordé au quotidien allemand Bild, l’homme aux multiples titres avec le Bayern Munich met des mots sur ce ressentiment, pointant du doigt le manque de reconnaissance selon lui affiché par les Français :

« J’ai tellement aidé mon pays. Et puis il y a eu le problème avec mon dos avant la Coupe du Monde 2014. Les gens ont soudainement oublié ce que j’avais fait pour la France. Ça fait mal, mais c’est le passé. »

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Cette blessure morale ne s’est jamais vraiment refermée. Dans la continuité de cette prise de parole, Franck Ribéry assume une rupture nette avec son pays natal, allant jusqu’à se couper volontairement de l’actualité française :

« J’ai été touché, profondément touché par ce qui s’est passé, ce qui a été dit avant le Mondial. La France a été à la Coupe du Monde grâce à moi. Mais tout est terminé, maintenant. Définitivement. Je ne lis plus la presse française, je ne regarde plus la télévision française… »

Installé depuis de longues années en Allemagne, où il est devenu une véritable icône à Munich, Franck Ribéry n’a jamais caché son attachement profond à ce pays qui l’a adopté. Une relation si forte qu’il avait même évoqué, en 2015, la possibilité de prendre la nationalité allemande, tout en évoquant l’avenir de ses enfants :

« Devenir Allemand ? Pourquoi pas. Je me sens bien ici, j’ai acheté une belle maison. On vit comme des Allemands, ça me plaît. Je me vois tout à fait rester ici après ma carrière. Mes enfants se sentent bien à l’école, ils ont des copains allemands. Ma fille, Hiziya, se moque de mon allemand, ça me fait beaucoup rire ! Et mon fils Saïf est né ici. Il pourra même jouer pour l’Allemagne, plus tard. »

Depuis la fin de sa carrière de joueur, Franck Ribéry a toutefois changé de décor. Installé en Italie depuis quelques années, l’ancien international français y mène une vie plus discrète, tout en restant très attaché à l’Allemagne, où il conserve des liens forts, notamment avec le Bayern Munich, club de toute une vie.

Comme souvent dans les histoires d’amour contrariées, les torts sont partagés. Mais le constat demeure : près de dix ans après sa retraite internationale, Franck Ribéry reste marqué par cette rupture avec la France, un pays qu’il estime ne pas l’avoir soutenu au moment où il en avait le plus besoin. Un ressentiment tenace, qui traverse encore ses prises de parole.

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