Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Kevin Durant continue de gravir les échelons de l’histoire de la NBA, et chaque nouvelle étape relance les débats sur la portée réelle de son héritage. En dépassant récemment Dirk Nowitzki au classement des meilleurs marqueurs de tous les temps, l’ailier des Rockets s’est encore rapproché des sommets absolus. Une question s’impose désormais naturellement : jusqu’où peut-il aller ?
Avec cette sixième place historique, Durant a confirmé une longévité offensive hors norme, atteignant ce cap plus rapidement que Nowitzki malgré une carrière marquée par plusieurs blessures majeures. Pourtant, lorsqu’on évoque Kareem Abdul-Jabbar, référence ultime ou presque en matière de régularité et de production sur deux décennies, le défi change totalement de dimension.
Aujourd’hui, seuls Michael Jordan, Kobe Bryant et Karl Malone séparent encore Durant de Kareem au classement. Pour dépasser l’ancienne légende des Lakers et s’installer juste derrière LeBron James, Kevin Durant doit inscrire plus de 6 000 points supplémentaires. Sur le papier, l’objectif paraît colossal, mais il n’est pas totalement irréaliste pour un scoreur de ce calibre.
La longévité, clé absolue du sommet
C’est d’ailleurs avec beaucoup de lucidité que Durant a abordé la question. « Je ne veux jamais dire jamais, mais ces gars ont placé la barre tellement haut. Pour atteindre le top 3 ou le top 4, il faut jouer au moins vingt saisons en NBA, et rester à ce niveau pendant quinze à vingt ans », a-t-il expliqué, conscient que la longévité est aussi importante que le talent pur.
L’histoire lui donne raison. Parmi les cinq meilleurs marqueurs de tous les temps, seuls Jordan et Malone ont atteint ces sommets en moins de vingt saisons, et ils restent des exceptions. Kareem Abdul-Jabbar, Kobe Bryant et LeBron James ont tous dépassé la barre symbolique des vingt saisons pour accumuler leurs totaux historiques, preuve que la constance est un facteur déterminant.
Durant l’a lui-même reconnu avec pragmatisme : « Jouer vingt ans et voir où j’en suis à la fin. Si j’y arrive, tant mieux. Sinon, je veux simplement rester dans la ligue et continuer à jouer ». Un discours qui tranche avec les projections mathématiques froides souvent avancées dans ce type de débat.
Sur le plan strictement comptable, le défi n’est pas insurmontable. En maintenant une moyenne de 25 points par match, Durant aurait besoin d’environ 266 rencontres pour dépasser Kareem. Cela représente un peu plus de trois saisons complètes, ce qui l’emmènerait potentiellement jusqu’à une 22e saison en NBA, en tenant compte des matchs manqués. Mais à bientôt 37 ans, chaque absence pèse lourd dans la balance. Rattraper Kareem ne dépendrait donc pas seulement de son talent offensif, mais surtout de sa capacité à défier le temps, un combat que même les plus grands ne gagnent pas toujours.
