Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le cas de Cam Thomas relance un débat récurrent en NBA : peut-on encore bâtir une carrière durable uniquement sur le scoring ? Libéré puis récupéré par Milwaukee, l’arrière se retrouve à un moment charnière. Ses statistiques restent solides, mais son statut n’a jamais semblé aussi fragile. Les propos très directs de Draymond Green ont encore accentué cette perception.
Depuis son arrivée dans la ligue, Cam Thomas s’est imposé comme un marqueur instinctif, capable d’enchaîner les tirs difficiles et de prendre feu sur de courtes séquences. Pourtant, malgré des moyennes régulièrement à deux chiffres, les équipes ne l’ont jamais considéré comme une pièce majeure sur le long terme. La raison est simple : aujourd’hui, la valeur d’un joueur dépend autant de sa capacité à tenir défensivement que de son talent offensif.
Draymond Green a expliqué que ce type de joueur perdait progressivement sa place dans le paysage actuel. Selon lui, la NBA moderne expose davantage les lacunes individuelles et force chaque joueur à participer au collectif défensif. Il a insisté sur la difficulté pour une équipe de survivre avec un spécialiste offensif ciblé en permanence, décrivant un basket où tout le monde attaque en mouvement et cherche à pénétrer constamment, ce qui rend ces profils compliqués à protéger.
Un avertissement plus qu’une critique
Dans son analyse, Green a conseillé à Thomas d’utiliser son passage à Milwaukee pour changer sa trajectoire professionnelle. « Il est important pour lui de travailler cet autre côté du jeu durant ces 25-30 matchs à Milwaukee. Sinon, ce sera toujours la même chose, et sa meilleure chance d’avoir le ballon comme à Brooklyn est probablement déjà passée », a-t-il expliqué. Pour lui, la survie du joueur dépend désormais d’une adaptation rapide, pas d’une explosion offensive ponctuelle.
Le message n’est pas seulement théorique : même avec près de 16 points de moyenne, Thomas affiche son adresse la plus basse en carrière. Les équipes acceptent aujourd’hui plus facilement de concéder des tirs contestés si elles gagnent l’avantage structurel ailleurs. Green estime donc que son avenir dépend d’un effort constant plutôt que d’une production irrégulière. « Il doit faire des efforts défensifs pour changer la direction que prend sa carrière, parce qu’il reste l’un des scoreurs les plus talentueux de la ligue », a-t-il ajouté, soulignant qu’il ne remet pas en cause son talent mais son adaptation.
Paradoxalement, Green n’a jamais douté du potentiel offensif du joueur. Deux ans plus tôt, il avait même été impressionné par sa capacité à résister aux prises à deux répétées. Il se souvenait d’une action où le plan défensif de Golden State consistait à le piéger partout sur le terrain, convaincu qu’il finirait par perdre le ballon. « On allait le doubler partout… puis j’ai compris que ça ne marcherait pas », racontait-il.
La séquence l’avait marqué au point de lui évoquer une référence majeure. « Je pensais qu’il allait la perdre près de la ligne… il s’est élevé et a tiré quand même. Là je me suis dit : non, il est différent, c’est du Kobe », avait-il admis. Cette comparaison illustre bien le paradoxe Thomas : un talent pur reconnu par ses pairs, mais dont la valeur dépend désormais d’éléments extérieurs au scoring.
