Ayant joué 43 fois avec lui, Robert Pirès sans filtre sur Zinédine Zidane en privé : « Si tu ratais ton match, il…

Zack Nani (DR) / Canal+ Sport (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Pour le grand public, Zinédine Zidane incarne la discrétion absolue. Peu de mots, peu d’expositions, une communication toujours mesurée. Mais derrière cette image policée se cachait un tout autre personnage au sein du vestiaire des Bleus. Un leader capable de piquer, de provoquer, mais aussi de protéger. Son ancien coéquipier Robert Pirès lève aujourd’hui le voile sur cette facette méconnue, sans détour.

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Champion du monde en 1998 et champion d’Europe deux ans plus tard, Zinédine Zidane a longtemps évolué dans un vestiaire où les fortes personnalités ne manquaient pas. Aux côtés de cadres comme Didier Deschamps, Laurent Blanc ou encore Marcel Desailly, le meneur de jeu a d’abord observé avant d’imposer progressivement son autorité. Une autorité moins silencieuse qu’il n’y paraissait, surtout lorsque le niveau de jeu n’était pas à la hauteur de ses exigences.

Figure centrale de l’équipe de France des années 2000, Zinédine Zidane était loin d’être seulement un leader par l’exemple. En interne, l’ancien Madrilène savait aussi hausser le ton, parfois de manière très directe. C’est ce qu’a raconté Robert Pirès, interrogé il y a quelques années par Canal+, en évoquant les remontrances que pouvait adresser le numéro 10 lorsque l’un de ses partenaires passait à côté de son match :

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« Il savait qu’on ne pouvait pas être à son niveau. Mais par contre, quand il voyait que t’étais pas dans un grand soir, ou que tu ratais ton match, il te le disait hein ! Sans problème. Il disait : « Mais t’as un problème aujourd’hui ? Tu sais plus jouer ? », ou bien : « Si c’est pour jouer comme ça, reste chez toi ». »

Mais réduire Zinédine Zidane à ces seules piques serait une erreur. Car le Ballon d’Or 1998 savait aussi user d’un discours radicalement différent lorsqu’il sentait qu’un coéquipier avait besoin d’un coup de pouce. Robert Pirès, alors joueur d’Arsenal, en a fait l’expérience lors de l’Euro 2000, à la veille de la finale face à l’Italie. Une discussion décisive, selon l’ancien ailier :

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« Il est venu me parler, je crois que c’était la veille, un peu en mode grand frère. Il m’a dit : « Tu me casses les bonbons, ça serait bien que tu fasses la différence ». Et il me dit : « Mais pourquoi tu joues pas comme à Metz ? », et cette phrase-là a été hyper importante pour moi. En fait, il m’a donné sa confiance. S’il me dit pas ça la veille, ça se trouve, le débordement, je ne le fais même pas ! »

Ce rôle de grand frère, Zinédine Zidane l’a ensuite pleinement assumé, jusqu’à devenir un capitaine respecté et un meneur d’hommes accompli. Une capacité à fédérer qui ne s’est pas arrêtée à sa carrière de joueur. Sa reconversion sur le banc du Real Madrid a d’ailleurs surpris plus d’un ancien partenaire, à commencer par Robert Pirès :

« Si on m’avait demandé il y a 15 ans si je le voyais entraîneur, j’aurais dit pas du tout. Mais il l’a fait, et il a tout gagné. C’est pour ça qu’il est bluffant quand même ! Parce que je ne m’y attendais pas. »

Leader exigeant, parfois piquant, mais profondément respecté, Zinédine Zidane a marqué ses coéquipiers bien au-delà de ses exploits balle au pied. Pour Robert Pirès, ces souvenirs dessinent le portrait d’un patron complet, capable de recadrer sèchement comme de transmettre une confiance décisive. Une face cachée qui explique, sans doute, pourquoi son aura n’a jamais cessé de grandir, même loin des terrains.

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