Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le concours de dunks continue de diviser les observateurs malgré un All-Star Weekend globalement bien accueilli. Beaucoup pointent l’absence de superstars comme principale cause du déclin du spectacle. Kevin Garnett, lui, ne partage pas cette analyse. Selon l’ancien intérieur, le problème est ailleurs.
Ces dernières années, la créativité et l’intensité compétitive ont souvent été remises en question. Certains fans réclament le retour des très grands noms pour redonner du prestige à l’événement. D’autres estiment que la formule elle-même doit évoluer. Mais pour Garnett, se focaliser uniquement sur les stars serait une erreur d’interprétation.
Il a rappelé que plusieurs anciens vainqueurs n’étaient pas des icônes mondiales au moment de leur sacre. « Aaron Gordon n’était pas un nom connu du grand public. Zach LaVine n’était pas un nom connu du grand public. Nate Robinson n’était pas un nom connu du grand public. Le concours de dunks a aidé ces gars-là, je ne dirais pas à devenir pertinents, mais à gagner un autre respect dans l’art, vous voyez ce que je veux dire ? », a-t-il expliqué. Pour lui, le concours a historiquement servi de tremplin, pas de vitrine pour stars déjà établies.
Miser sur l’art plutôt que sur les têtes d’affiche
Garnett insiste sur un point essentiel : l’essence du concours repose sur la créativité et la capacité à défier la gravité. Les artifices, les mises en scène excessives et les attentes autour des superstars détournent parfois l’attention du geste lui-même. Ce que le public veut voir, selon lui, c’est l’exploit pur, pas le nom inscrit au dos du maillot. Le spectacle doit revenir au dunk.
Il l’a dit sans détour. « Je vais continuer à apprécier, mais ça n’a pas besoin de grands noms. Il faut juste un gars capable de marcher dans les airs, parce que c’est ça qu’on veut voir. C’est tout ce dont on parle… On demande à des gamins d’être créatifs comme ils le sont à l’échauffement, comme ils le sont l’été ». Le message est clair : la spontanéité prime sur le prestige.
En parallèle, certains médias continuent de pointer du doigt l’absence historique de LeBron James dans le concours. Stephen A. Smith a même affirmé que cette décision avait ouvert la porte au désengagement progressif des autres superstars. L’argument repose sur l’idée qu’un leader générationnel fixe un standard implicite. Si lui ne participe pas, pourquoi les autres le feraient-ils ?
Il serait toutefois réducteur de faire porter la responsabilité du déclin sur un seul joueur. L’évolution du jeu, la gestion des risques et l’importance croissante des carrières longues ont modifié les priorités. Les jeunes talents explosifs existent toujours. La question est de savoir s’ils accepteront de s’exposer dans un exercice où l’échec peut être viral.
