Par Rédaction | Sport
La notion de loyauté en NBA a profondément évolué ces quinze dernières années. Les stars changent plus facilement d’équipe, forcent des transferts et contrôlent davantage leur trajectoire. Pour Paul Pierce, ce virage culturel a un point de départ précis. Et il porte un nom : LeBron James.
Depuis longtemps maintenant, les joueurs majeurs n’hésitent plus à quitter leur organisation pour maximiser leurs chances de titre ou leurs revenus. James Harden en est un exemple récent, comme Kevin Durant avant lui. Les carrières se construisent désormais à travers plusieurs maillots. Cette mobilité est devenue presque normale dans la ligue moderne.
Invité du podcast “No Fouls Given”, Pierce a identifié le moment charnière. « Les gars se sont dit : ‘On contrôle notre avenir’ », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « Il est le pionnier de ça, on voit les joueurs bouger partout ». Selon lui, la décision de LeBron de rejoindre Miami en 2010 a ouvert la voie à une nouvelle ère où la stabilité n’est plus une priorité.
Une culture transformée par le pouvoir des joueurs
Pierce comprend pourtant les motivations derrière ces choix. « Ça enlève l’esprit compétitif du jeu. Ça enlève le fait qu’une fanbase grandisse avec toi », a-t-il reconnu, avant de nuancer : « Je comprends. On n’a qu’un certain nombre d’années pour maximiser ses gains, et je déteste que le jeu en soit arrivé là ». Son analyse ne vise pas l’individu, mais l’évolution globale du système.
Le parcours de LeBron illustre cette logique. Après plusieurs saisons frustrantes à Cleveland, il a rejoint le Miami Heat, enchaîné quatre Finales consécutives et remporté deux titres. Il est ensuite revenu offrir un sacre historique aux Cavaliers en 2016, avant de poursuivre sa carrière à Los Angeles avec un nouveau trophée en 2020. Chaque mouvement a renforcé l’idée que changer d’équipe peut accélérer la quête de succès.
Pour Pierce, l’ancienne génération fonctionnait différemment. « Quand on regarde les joueurs à l’ancienne, qu’ils gagnent, perdent ou fassent match nul, ils meurent avec leur franchise. Ils veulent mourir avec leurs fans », a-t-il déclaré. Il cite des figures restées fidèles à leur organisation tout au long de leur carrière, symboles d’un attachement devenu rare.
Aujourd’hui, selon lui, cette culture a disparu. Les superteams se forment et se défont au gré des opportunités. Les décisions sont plus stratégiques que sentimentales. Pierce ne condamne pas les joueurs, mais constate une rupture avec le passé.
