Une Claudette lâche le dérapage raciste choc de Claude François en privé : « Il était si énervé qu’il m’a dit…

Ketty Sina et Claude François
DR / INA (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Derrière les paillettes et les chorégraphies parfaitement huilées, l’univers de Claude François n’était pas toujours aussi lisse qu’il en avait l’air. Si le chanteur a marqué la chanson française de son empreinte, certains témoignages viennent nuancer l’image d’un artiste perfectionniste, parfois débordé par ses propres exigences. Parmi eux, celui de Kelly Sina, ancienne Claudette, qui a accepté de revenir sur des souvenirs marquants.

Publicité

Figure emblématique des années 1970, Claude François dirigeait ses danseuses avec une rigueur extrême. Kelly Sina, qui faisait partie des célèbres Claudettes, se souvient d’un quotidien rythmé par des répétitions intensives et des remarques parfois déstabilisantes. Invitée dans l’émission TPMP People en 2022, elle a partagé plusieurs anecdotes révélatrices de cette ambiance, évoquant notamment un surnom inattendu que l’artiste lui avait attribué. Elle racontait ainsi :

« Si, mais pour lui c’était un jeu. Comme les gens ne savaient pas ce que ça voulait dire “Bangala” (un terme qui désigne le sexe en Afrique, ndlr), et pour Podium pour m’annoncer, la nouvelle “Claudette”, il m’avait surnommée “la Bangala”. »

Publicité

Si elle affirme aujourd’hui avoir pris ce sobriquet avec recul, certains épisodes ont en revanche laissé des traces plus profondes. Notamment lors de moments de tension, où la colère de Claude François pouvait se traduire par des propos blessants. Elle se souvenait notamment d’un retard lors d’une répétition, qui avait provoqué une réaction particulièrement virulente :

« J’étais tout le temps en retard. Il y avait une grosse répétition, et je suis arrivée avec une heure de retard. Claude était tellement énervé, il m’a dit : “Tu pourrais retourner sur ton cocotier”. Il ne savait pas quoi dire pour me piquer. »

Publicité

Mais c’est un autre épisode, encore plus marquant, qui illustre selon elle la brutalité de certaines remarques. Alors qu’elle rencontrait des difficultés sur un mouvement, le chanteur aurait tenu des propos à connotation raciale :

« Il m’a dit : “Si j’ai engagé une noire, c’est pas pour qu’elle soit plus raide qu’une blanche. Là, électrochoc, et le lendemain, le tour de reins, je savais le faire.” »

Malgré la violence de ces mots, Kelly Sina tient à nuancer son témoignage. Selon elle, ces dérapages s’inscrivaient davantage dans un contexte d’exigence extrême que dans une volonté discriminatoire assumée. Elle concluait ainsi :

« Claude n’était pas raciste. Il était très exigeant, mais ni raciste, ni odieux. »

À travers ces confidences, se dessine le portrait d’un artiste aussi perfectionniste que complexe. Derrière la légende, Claude François apparaît comme un homme capable du meilleur comme du pire, dont la quête d’excellence pouvait parfois franchir les limites. Un éclairage qui rappelle que même les icônes les plus adulées cachent des zones d’ombre.

Pop culture