Francis Cabrel (72 ans) dépité par l’état actuel de la France : « J’en suis sûr, absolument, c’est…

Francis Cabrel
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Habituellement très discret lorsqu’il s’agit de commenter l’actualité ou les débats de société, Francis Cabrel préfère depuis toujours laisser ses chansons parler à sa place. Mais il arrive parfois que le chanteur sorte de sa réserve pour évoquer sa vision du monde et l’évolution de la société française. Et lorsque l’artiste d’Astaffort prend la parole, ses mots résonnent souvent bien au-delà du simple cadre musical.

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Immense figure de la chanson française depuis les années 1970, Francis Cabrel a construit sa carrière loin des polémiques et du tumulte médiatique. L’auteur de Petite Marie et de Je l’aime à mourir s’est toujours distingué par son tempérament discret et son regard sensible sur le monde. Pourtant, derrière cette retenue apparente, le chanteur observe avec attention les transformations de la société française, qu’il juge aujourd’hui beaucoup plus dure qu’autrefois.

Très attaché à une certaine idée de la douceur de vivre, l’interprète de L’Encre de tes yeux confiait ressentir un véritable malaise face à l’évolution du climat social et à la banalisation de certaines violences. Invité dans l’émission Sept à Huit sur TF1 en 2020, Francis Cabrel avait ainsi livré une analyse particulièrement sincère de la situation :

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« Il n’y a pas que des sujets rassurants dans l’époque. Je la trouve crue, elle est dure, elle est violente par rapport à ce que j’ai vécu moi. Tout ce qu’il y a autour des attentats, des affrontements hebdomadaires avec la police. La violence est d’une banalité… Ce sont des choses qu’on ne vivait pas. »

Conscient que chaque génération peut avoir tendance à idéaliser son époque, le chanteur reconnaissait lui-même ce biais. Mais il expliquait malgré tout être persuadé que la société française avait changé de manière profonde :

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« Est-ce qu’à chaque époque on n’a pas tendance à dire que c’était mieux avant ? Oui, mais, là j’en suis vraiment sûr, c’était absolument mieux avant. »

Des propos prononcés sans agressivité ni volonté de provoquer, mais qui traduisaient le regard inquiet d’un artiste marqué par les évolutions du pays. Chez Francis Cabrel, cette nostalgie semble moins relever d’un discours politique que d’un sentiment personnel nourri par les bouleversements de son époque.

Rare dans les médias, le chanteur continue ainsi de cultiver une parole mesurée, mais lorsqu’il accepte de se confier, ses déclarations trouvent souvent un écho particulier auprès du public. À travers ce constat très personnel sur l’état actuel de la France, c’est aussi toute une génération qui semble s’interroger sur la société d’aujourd’hui et sur la disparition progressive de certains repères.

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