« Claude François ? Il était odieux avec moi et avec les autres chanteurs, mais la morale c’est que… »

Claude François
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Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Plus de quarante ans après sa disparition, Claude François continue de fasciner autant qu’il divise. Véritable monument de la chanson française, l’interprète de “Comme d’habitude” reste associé à une image de perfectionniste acharné, capable de tout contrôler autour de lui. Mais derrière les succès populaires et les chorégraphies impeccables, certains artistes gardent aussi le souvenir d’un homme particulièrement difficile.

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Avec le temps, plusieurs témoignages sont venus nuancer l’image lisse de la star des années 1970. Et parmi ceux qui n’ont jamais hésité à parler franchement de Cloclo figure Laroche Valmont. Le chanteur, révélé dans les années 1980 avec le tube “T’as le look Coco”, s’était montré particulièrement cash au moment d’évoquer celui qui dominait alors la variété française.

Immense vedette des années yé-yé, Claude François a longtemps régné sur les hit-parades français grâce à une discipline de fer et une ambition débordante. L’idole populaire, disparue en 1978, cultivait une exigence extrême aussi bien envers lui-même qu’envers les autres artistes. Une attitude qui, selon plusieurs chanteurs ayant croisé sa route, pouvait parfois virer à la brutalité ou à la manipulation dans le milieu musical.

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Invité sur le plateau de Jordan de Luxe en 2023, Laroche Valmont avait ainsi livré un témoignage particulièrement sévère sur le comportement du chanteur. L’artiste décrivait notamment une personnalité très compétitive, incapable de laisser la moindre place à ses rivaux dans le paysage musical français.

« Il a toujours été féroce à tout point de vue, et relativement odieux. Il avait la niaque, c’était un petit nerveux, aussi bien vis-à-vis des concurrents chanteurs que dans sa vie privée. Il contactait toujours les gens qui avaient fait un tube. En 1972, il a contacté Patrick Juvet qui allait faire ce qui est devenu ‘Le Lundi au soleil’. Claude François lui a demandé s’il pouvait chanter cette chanson, Juvet a refusé, mais il a réussi à faire pression par l’intermédiaire de la maison de disques, ce qui fait que Patrick a fini par accepter. »

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Pour Laroche Valmont, cette manière d’agir traduisait surtout une obsession du contrôle et une peur constante de perdre sa place au sommet. Très attentif à son image et à son statut de vedette incontournable, l’interprète d’“Alexandrie Alexandra” aurait souvent cherché à garder l’ascendant sur les artistes évoluant autour de lui.

Le chanteur évoquait également une anecdote marquante impliquant Patrick Juvet, autre figure emblématique de la chanson francophone des années 1970. Selon lui, cet épisode résumait parfaitement la froideur que pouvait parfois afficher Claude François dans ses relations professionnelles.

« Un jour, Claude François convoque Patrick Juvet dans ses studios, Patrick arrive et on lui demande de commencer à chanter. Il chante, et on le reconduit. Claude François était au dernier étage, il a entendu la chanson, il n’est même pas descendu lui dire que c’était bien. Patrick a eu beaucoup de mal à s’en remettre, mais il y a une morale : il a connu, avec ‘I Love America’ une gloire internationale à laquelle Claude François rêvait et qu’il n’a jamais obtenue. »

Des confidences qui continuent d’alimenter le mythe entourant Claude François, longtemps après sa disparition. Car si l’artiste reste l’une des plus grandes icônes de la chanson française, certains témoignages rappellent aussi qu’il entretenait des relations parfois tendues avec plusieurs chanteurs de son époque. Entre admiration pour son immense carrière et critiques sur son comportement, la légende de Cloclo demeure plus contrastée que jamais.

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