Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Même après des décennies de carrière et des dizaines de films à son actif, certaines rencontres peuvent encore déstabiliser les plus grands artistes. Gad Elmaleh en sait quelque chose. En partageant l’affiche avec Sophie Marceau au cinéma, l’humoriste a vécu une expérience aussi professionnelle que profondément personnelle, tant l’actrice occupait une place particulière dans son imaginaire depuis son adolescence.
Figure majeure de l’humour français, Gad Elmaleh a multiplié les succès sur scène comme au cinéma. Pourtant, parmi les nombreux tournages qui ont jalonné sa carrière, celui de « Un bonheur n’arrive jamais seul », sorti en 2012, conserve une saveur particulière. La raison ? Sa collaboration avec Sophie Marceau, une artiste qu’il admirait bien avant de devenir lui-même une personnalité incontournable du paysage culturel français.
Pour toute une génération, l’héroïne de « La Boum » a incarné un véritable symbole. Gad Elmaleh ne fait pas exception. Bien avant de partager des scènes avec elle, il nourrissait déjà une admiration sans faille pour celle qui allait devenir sa partenaire de jeu.
Invité dans l’émission « C à vous » en 2023, le comédien revenait avec humour sur cette fascination née durant sa jeunesse :
« Enfant j’ai vu « La Boum », comme tout le monde, même si elle ne va pas être contente qu’on ne la voit qu’à travers ça mais voilà : j’étais fou de Sophie Marceau ! C’était mon amoureuse. Alors quand 30 ans après on m’a proposé de faire un film avec elle, j’ai fait cette blague au producteur, j’ai dit : « Je ne sais pas elle où elle en est de notre histoire, mais moi je suis à fond ! » »
Loin d’atténuer son admiration, la rencontre avec l’actrice a même renforcé l’image qu’il avait d’elle. Gad Elmaleh explique avoir découvert une femme qu’il considère toujours comme une référence du cinéma français, tout en reconnaissant avoir eu du mal à garder le recul nécessaire sur le plateau.
« C’est une icône, une femme exceptionnelle, une grande actrice. Mais le syndrome du blédard, là où il intervient, c’est qu’on pourrait se dire qu’après le nombre de films que j’ai fait, je suis habitué à la notoriété et que je serais pro. Sauf que non ! »
Face à Sophie Marceau, l’humoriste reconnaît avoir parfois laissé parler ses émotions. Une situation qu’il raconte aujourd’hui avec beaucoup d’autodérision, en soulignant le contraste entre son état d’esprit et celui de sa partenaire, restée parfaitement concentrée sur son travail.
« J’ai craqué complet, mais elle pas du tout, elle faisait son boulot. Donc il y a deux films qui se tournaient, celui pour la prod et celui dans ma tête ! Il y avait des répliques où je lui disais « je t’aime », et moi c’était vrai. Le réalisateur me faisait refaire mais je disais : « Je peux pas refaire parce que là franchement, je l’aime ». »
Le tournage de « Un bonheur n’arrive jamais seul » restera comme un succès populaire, avec près de deux millions d’entrées en salles. Mais pour Gad Elmaleh, cette aventure représente surtout l’accomplissement inattendu d’un rêve de jeunesse.
Des années après, le comédien évoque encore cette expérience avec un mélange de tendresse et d’humour. Une preuve que même les artistes les plus expérimentés peuvent parfois redevenir de simples admirateurs lorsqu’ils se retrouvent face à leurs idoles. Derrière la star de l’humour se cachait alors un adolescent qui voyait enfin son rêve devenir réalité.
