Sophie Marceau assume son avis clair et net sur MeToo : « Quand j’entends des actrices qui disent ça, non »

Sophie Marceau
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Depuis toujours, Sophie Marceau se distingue par sa liberté de ton. Jamais avare d’une opinion tranchée, l’actrice n’hésite pas à s’exprimer sur les sujets les plus sensibles, quitte à susciter le débat. Son regard sur le mouvement MeToo ne fait pas exception. Si elle soutient pleinement la lutte contre les violences faites aux femmes, elle estime aussi que certaines situations dans le cinéma méritent d’être abordées avec davantage de nuances.

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Figure incontournable du cinéma français depuis plus de quarante ans, Sophie Marceau a traversé plusieurs époques de l’industrie, de ses débuts dans La Boum jusqu’à sa carrière internationale. Forte de cette longue expérience, la comédienne a été témoin de l’évolution des rapports de pouvoir dans le milieu artistique, ce qui nourrit aujourd’hui sa réflexion sur MeToo.

Dans un entretien accordé à Madame Figaro en 2021, elle saluait d’abord l’importance du mouvement, qu’elle considère comme une avancée majeure :

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« C’est un mouvement génial, historique, j’espère vraiment qu’il sera bénéfique sur le long terme. Je n’ai rien contre les hommes, mais je suis pour la défense des femmes. Dans le cinéma, les limites sont plus floues à définir que dans d’autres professions, car on ne travaille pas dans des normes. Le patron de restaurant qui met la main aux fesses de sa serveuse, il y a un abus manifeste et évident. »

Au cours du même entretien, Sophie Marceau évoquait ensuite certaines pratiques du cinéma qu’elle juge plus complexes qu’elles ne sont parfois présentées, notamment lors des castings :

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« Mais quand j’entends des témoignages d’actrices qui s’offusquent qu’on a pu leur donner des rendez-vous dans des suites d’hôtel, non, car c’est là que les étrangers rencontraient les gens. C’était comme ça. Et les castings ? On vous demande de vous déshabiller parce que vous avez des scènes de nu, alors vous allez dire quoi ? Non, je ne me déshabille pas ? Ça m’est arrivé bien sûr, je ne me suis pas mise nue, j’ai arrêté au soutien-gorge, mais si c’est dans la scène ? Vous avez 18 ans, c’est un studio hollywoodien qui vous le demande, il y a le metteur en scène dans la pièce, oui, vous ôtez votre tee-shirt. »

L’actrice insistait toutefois sur le fait que cette réalité ne devait en aucun cas faire oublier les nombreux abus qui ont existé dans le milieu. Elle concluait avec lucidité :

« Franchement, des actrices qui disent : « Non mais pour qui vous me prenez ? » et qui s’en vont, je n’en connais pas beaucoup. Après, vous voyez, c’est compliqué, il y a eu énormément d’abus, des choses pas convenables, inacceptables. Des propositions, j’en ai eu mille fois, mais j’étais mieux armée pour résister parce que j’avais déjà travaillé et que j’avais un nom. Je n’étais pas une jeune débutante dont le rêve absolu est de tourner. Et puis, je ne venais pas de ce milieu, donc les rapports de séduction me paraissaient d’emblée un peu suspects. C’est un système très pernicieux. Je le répète, il faut le combattre et le dénoncer. »

À travers ces confidences, Sophie Marceau livre une vision personnelle du mouvement MeToo, mêlant soutien aux victimes et réflexion sur les réalités du cinéma. Une prise de parole nuancée, fidèle à son habitude de refuser les positions simplistes tout en rappelant la nécessité de combattre les abus.

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