Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Chaque année, les Enfoirés réunissent des artistes venus d’univers très différents pour soutenir les Restos du Cœur. Si le spectacle donne l’impression d’une mécanique parfaitement huilée, les répétitions réservent parfois quelques moments plus délicats. Certaines personnalités découvrent alors que la scène musicale ne pardonne pas, au point de voir leur micro réduit au silence.
Au fil des éditions, chanteurs, comédiens, humoristes ou encore sportifs se succèdent sur la scène des Enfoirés avec un même objectif : participer à une grande aventure solidaire. Mais tous ne possèdent pas les mêmes qualités vocales. Lorsque les performances ne sont pas au niveau attendu, la production n’hésite parfois pas à prendre des décisions radicales afin de préserver la qualité du spectacle.
Figure bien connue du rugby français, Sébastien Chabal n’a jamais caché qu’il ne possédait pas les qualités d’un chanteur professionnel. Invité à plusieurs reprises aux Enfoirés, l’ancien international reconnaissait lui-même avec autodérision que sa participation reposait avant tout sur son engagement pour la cause, bien plus que sur ses performances vocales :
« Je ne suis pas chanteur, je ne suis pas acteur. C’est pour ça qu’ils mettent mon micro sur off d’ailleurs. »
Mais le rugbyman n’est pas le seul à avoir vécu ce type d’expérience. Lors des répétitions des Enfoirés, Julien Arruti et Elodie Fontan, tous deux membres de la Bande à Fifi, ont également été confrontés aux exigences musicales du spectacle. Habitués aux plateaux de tournage, ils ont découvert que le chant représentait un défi bien plus complexe qu’ils ne l’imaginaient.
Évoquant cette anecdote, Philippe Lacheau racontait avec humour la réaction des musiciens face aux premiers essais de Julien Arruti :
« Julien devait chanter également mais lorsqu’on a fait des essais à Paris, il chantait trop mal… Dès la première phrase qu’il a chantée lors des répétitions, les musiciens ont arrêté de jouer. Ils étaient gênés, ils ne savaient pas comment lui dire que ça n’allait pas le faire. »
Toujours avec beaucoup d’humour, Elodie Fontan se souvenait elle aussi de ce moment devenu un sujet de plaisanterie au sein de leur bande d’amis. Selon elle, Julien Arruti était persuadé qu’il pourrait rapidement progresser grâce aux conseils des équipes. L’actrice racontait ainsi :
« C’était mignon car il était tellement content de chanter qu’il leur a demandé des conseils du genre “Comment je peux faire pour m’améliorer ?”, “Est-ce que je suis trop haut ?”, “Est-ce que je suis hors tempo ?” et la production des Enfoirés lui a répondu très normalement : “Désolé, mais on part de trop loin là”. »
Mais les difficultés vocales ne concernaient pas uniquement Julien Arruti. Responsable des Enfoirés au sein des Restos du Cœur, Sophie Bazou expliquait qu’Elodie Fontan avait, elle aussi, rencontré de sérieux problèmes lors des répétitions. Avec une franchise assumée, elle déclarait :
« Elle chantait trop faux. C’était pire que Julien… »
Malgré ces épisodes parfois embarrassants, les principaux intéressés ont toujours réagi avec beaucoup d’autodérision. Tous ont accepté ces remarques avec le sourire, conscients que leur présence aux Enfoirés repose avant tout sur leur engagement en faveur des Restos du Cœur. Car, dans cette aventure collective, la solidarité passe bien avant les performances vocales.
