Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 93 ans, Gérard Hernandez ne s’interdit plus aucune franchise. Connu pour son tempérament bien trempé, le comédien, inoubliable Raymond dans Scènes de ménages, assume aujourd’hui ses prises de position sans chercher à ménager qui que ce soit. Et lorsqu’il revient sur certaines blessures de sa carrière, ses mots sont particulièrement tranchants.
Figure incontournable du cinéma et de la télévision française, Gérard Hernandez a marqué plusieurs générations grâce à ses rôles populaires et à sa voix immédiatement reconnaissable. Derrière son image de comédien chaleureux, l’acteur n’a toutefois jamais oublié certains épisodes qui l’ont profondément marqué, notamment une déconvenue professionnelle survenue à la fin des années 1990.
À l’époque, Gérard Hernandez devait incarner Lucien Cheval dans Le Dîner de cons, avant d’être finalement remplacé par Daniel Prévost. Une décision qu’il dit n’avoir jamais digérée, moins pour le changement de casting que pour la manière dont les choses se sont déroulées. Invité du podcast Shnock, le comédien s’était montré particulièrement sévère à l’égard de Daniel Prévost.
« C’est un con, un méchant. Gentil avec les grands, pourri avec les petits. Je lui ai dit plus tard. Il ne comprenait pas que je ne veuille pas lui serrer la main. Pourquoi ne m’avait-il pas appelé pour m’expliquer ? Moi, quand on me donnait un rôle à la place d’un autre, j’appelais toujours. »
Au cours du même entretien, Gérard Hernandez n’avait pas non plus épargné le réalisateur Francis Veber, qu’il estime également responsable de cette situation.
« Ce n’est pas quelqu’un de très bien, Monsieur Veber. Ce n’est pas un gentil. Une fois, j’ai même failli lui casser la gueule. »
Plus de vingt-cinq ans après les faits, le comédien reconnaît donc conserver une profonde amertume. Une rancœur qu’il n’a jamais cherché à dissimuler, estimant que cette expérience l’a durablement marqué.
À travers ces confidences, Gérard Hernandez rappelle que, derrière les succès du cinéma français, les relations humaines peuvent parfois laisser des blessures tenaces. Même après des décennies de carrière, certaines déceptions restent manifestement impossibles à oublier.
