Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Francis Huster n’a jamais caché que son histoire avec Isabelle Adjani avait profondément marqué sa vie. Bien avant leurs carrières respectives au sommet, les deux comédiens ont partagé une passion aussi bien amoureuse qu’artistique au sein de la Comédie-Française. Une séparation que l’acteur considère encore aujourd’hui comme un tournant majeur de son existence.
Avant de vivre d’autres histoires d’amour, notamment avec Cristiana Reali, Francis Huster formait avec Isabelle Adjani l’un des couples les plus prometteurs du théâtre français. Tous deux évoluaient à la Comédie-Française, où ils nourrissaient une ambition commune et un amour partagé de la scène.
Des années plus tard, le comédien évoque toujours cette période avec une émotion intacte. Invité sur le plateau de C à vous il y a quelques temps, Francis Huster s’était confié avec admiration sur le talent exceptionnel de son ancienne compagne.
« J’aimais Isabelle. Elle avait une qualité extraordinaire, c’est qu’elle jouait avec son ventre. Elle avait compris que l’important était dans Molière, ce sont les silences, qui permettent, comme un parfum d’âme, d’offrir à l’autre une partie de soi-même… »
Mais derrière ces éloges, l’acteur reconnaît que le départ d’Isabelle Adjani de la Comédie-Française a été une véritable blessure, dont il ne s’est jamais totalement remis.
« Cet amour pour Isabelle, il était dans la vie comme sur scène, et j’ai été foudroyé un peu comme Don Juan, quand Isabelle a décidé de quitter la Comédie-Française. Je ne lui ai jamais pardonné. Il y a des rôles sublimes du répertoire où, justement, elle aurait emmené la jeunesse à rentrer dans Racine, Corneille, Chimène, Phèdre, Bérénice. Ma vie artistique est complètement déchiquetée en deux dès l’instant où elle a cassé ce couple. »
Avec le temps, Francis Huster a toutefois nuancé son regard sur cette rupture. Dans un entretien accordé à VSD, il est revenu sur cette période avec davantage de recul, allant jusqu’à reconnaître sa propre part de responsabilité.
« Je me reproche seulement, quand j’étais amoureux d’Isabelle Adjani et que nous jouions ensemble à la Comédie-Française, de ne pas avoir su trouver les mots pour la convaincre de rester. On aurait été les Vivien Leigh et Laurence Olivier du théâtre français. Je considère que tout est de ma faute. »
À travers ces confidences, Francis Huster laisse transparaître une admiration toujours intacte pour Isabelle Adjani, tout en assumant la profonde déception qu’a représentée leur séparation artistique. Plus qu’une rupture sentimentale, il y voit la fin d’un projet commun qu’il imaginait exceptionnel, et qui continue, des décennies plus tard, de nourrir ses regrets.
