Laurent Blanc sans filtre sur le fameux ‘black, blanc, beur’ de 1998 : « Ce serait trop facile »

Laurent Blanc
MHSC (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Vingt-cinq ans après le sacre mondial de l’équipe de France, le symbole « black, blanc, beur » continue de faire débat. Pour Laurent Blanc, figure majeure des Bleus de 1998, cette expression a parfois été associée à des attentes bien trop importantes, comme si le football pouvait à lui seul transformer la société.

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Champion du monde en 1998 puis champion d’Europe en 2000, l’ancien défenseur n’a jamais renié la force collective de cette génération. En revanche, il a toujours pris ses distances avec certaines interprétations faites autour de cette équipe, notamment sur le rôle qu’on a voulu lui attribuer après la victoire au Mondial.

Pilier de l’équipe de France victorieuse en 1998, Laurent Blanc a été l’un des joueurs les plus expérimentés du groupe emmené par Aimé Jacquet. Cette sélection, composée de joueurs aux parcours et aux origines diverses, a rapidement été associée à l’expression « black, blanc, beur », devenue un symbole du vivre-ensemble en France.

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Avec Zinédine Zidane comme figure emblématique, Lilian Thuram comme héros de la demi-finale face à la Croatie ou encore de nombreux autres joueurs issus d’horizons différents, les champions du monde ont incarné pendant un temps une image d’unité nationale. Mais au fil des années, cette étiquette a également été largement récupérée dans le débat public, parfois bien au-delà du cadre sportif.

Dans un entretien accordé au Monde, Laurent Blanc avait justement tenu à relativiser l’importance donnée à cette notion. Le « Président » expliquait :

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« À l’époque, on pensait (les gens, ndlr) que le football allait régler tous les problèmes de la société. Excusez-moi, mais si c’était le cas, ça serait trop facile. Le sport et le football ont un pouvoir, mais il est très limité. »

Pour l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, le football peut évidemment créer des moments de communion et rassembler autour d’une émotion commune. Mais selon lui, cette influence reste limitée et ne peut pas remplacer les réponses nécessaires aux difficultés profondes d’une société.

Des années après cette prise de parole, Laurent Blanc avait lui-même été au centre d’une importante polémique lors de son passage comme sélectionneur des Bleus. En 2011, des propos tenus lors d’une réunion à la Fédération française de football concernant la formation et les joueurs binationaux avaient provoqué de nombreuses réactions. Dans des propos retranscrits par Mediapart, il déclarait notamment :

« En France, on a l’impression qu’on forme le même prototype de joueurs : grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks. C’est comme ça.

Les bi-nationaux (qui choisissent ensuite leur autre pays, ndlr) ? Moi, ça me dérange beaucoup. À mon avis, il faut essayer de l’éradiquer. Et ça n’a aucune connotation raciste. Quand les gens portent les maillots des équipes nationales de jeunes et, qu’après, ils vont jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément. Je dis pas qu’on va l’éradiquer, mais le limiter. »

Symbole d’une époque et souvent utilisé pour illustrer l’idée d’une France réunie autour de son équipe nationale, le « black, blanc, beur » reste donc un sujet complexe. Pour Laurent Blanc, le football peut inspirer, rassembler et créer des souvenirs collectifs, mais il ne peut pas porter à lui seul la responsabilité de régler les problèmes d’une société entière.

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