Par Rédaction | Sport
Le sacre de l’équipe de France en 1998 a définitivement changé le destin de Zinédine Zidane. Héros de la finale face au Brésil grâce à son doublé, le meneur de jeu avait pourtant connu un tournoi bien plus contrasté avant cette soirée historique.
Stéphane Guivarc’h, lui, avait vécu une Coupe du monde aux antipodes de celle du numéro 10. Titulaire à la pointe de l’attaque française, le meilleur buteur de Ligue 1 cette saison-là n’avait pas réussi à trouver le chemin des filets. Des années plus tard, il a livré une analyse particulièrement franche sur le tournoi de son ancien coéquipier.
Champion du monde avec les Bleus, Stéphane Guivarc’h a ensuite progressivement disparu des radars médiatiques. L’ancien attaquant de l’AJ Auxerre avait pourtant connu une saison 1997-1998 exceptionnelle, avec 47 buts inscrits en club. Une performance qui lui avait permis de s’imposer comme le buteur titulaire de l’équipe de France durant le Mondial organisé dans l’Hexagone.
Au sein de cette génération dorée, le Breton avait également eu la chance de côtoyer Zinédine Zidane. Malgré les comparaisons qui ont pu naître entre les deux hommes après le tournoi, Guivarc’h n’a jamais remis en cause l’immense talent de celui qui allait devenir l’une des plus grandes légendes du football français. Dans les colonnes du Télégramme, en juillet 2023, Stéphane Guivarc’h avait d’ailleurs rendu un vibrant hommage au Ballon d’Or 1998 :
« Le joueur le plus fort avec lequel j’ai joué ? Zidane, je ne peux pas dire autre chose. Techniquement très doué, super vision de jeu, mec gentil… Que des qualités. Il savait éliminer, faire des passes précises, marquer : il savait tout faire. Et même en travaillant 24 heures sur 24, je n’aurais jamais eu sa technique. »
Une admiration qui n’empêche pas l’ancien buteur des Bleus de porter un regard beaucoup plus critique sur les performances réalisées par Zinédine Zidane durant cette Coupe du monde. Car avant son doublé en finale, le numéro 10 n’avait pas livré le tournoi exceptionnel que son statut laissait espérer.
De son côté, Stéphane Guivarc’h avait surtout conservé une immense frustration personnelle. Après avoir marqué 47 buts avec l’AJ Auxerre durant la saison, il n’avait inscrit aucune réalisation pendant le Mondial. Une disette qui lui avait particulièrement pesé, notamment en finale contre le Brésil. Dans une interview accordée à So Foot, l’ancien international français confiait :
« Mon seul regret, c’est qu’il me manque un but et j’ai eu l’opportunité d’en mettre un en finale. J’aurais préféré en mettre 20 de moins avec Auxerre et marquer en finale de la Coupe du monde ! J’ai beaucoup trop joué cette année-là — 72 matches je crois. J’étais cramé. »
Cette situation avait également nourri certains regrets concernant le Ballon d’Or. Fort de ses performances exceptionnelles en club, Stéphane Guivarc’h estimait qu’il aurait pu prétendre à cette récompense si son Mondial avait été plus abouti. Or, à ses yeux, Zinédine Zidane lui-même n’avait pas forcément été flamboyant avant les deux buts inscrits en finale :
« Oui, j’aurais pu y prétendre dans ce cas. Mais même si je marque en finale les deux buts que Zidane marque, hein. Parce que Zidane, sa Coupe du monde avant ces deux buts, c’est très moyen, hein. »
Malgré ce constat, l’histoire retiendra surtout les deux coups de tête du meneur de jeu français face au Brésil. Grâce à cette finale exceptionnelle, Zinédine Zidane avait définitivement basculé dans une autre dimension et remporté quelques mois plus tard le Ballon d’Or, devant le Croate Davor Šuker.
Stéphane Guivarc’h, de son côté, reste l’un des champions du monde les plus atypiques de cette génération. Son absence de but durant le Mondial 1998 a longtemps éclipsé sa saison exceptionnelle avec Auxerre, tandis que son analyse sur Zinédine Zidane rappelle une réalité souvent oubliée : avant de devenir le héros de la finale, le futur Ballon d’Or avait lui aussi connu une compétition en demi-teinte.
