Le règlement de comptes de Raymond Domenech à Zinédine Zidane : « Pas un gentil mec »

Raymond Domenech et Zinédine Zidane
Public Sénat (DR) / Skweek (DR)

Par Rédaction | Sport

Véritable icône du football français, Zinédine Zidane a longtemps bénéficié d’une image presque intouchable dans l’Hexagone. Pourtant, certains de ceux qui l’ont côtoyé ont livré un regard beaucoup plus nuancé sur sa personnalité. Parmi eux, Raymond Domenech, qui n’avait pas hésité à remettre en question le statut de « Zizou » et à rappeler que le champion pouvait aussi avoir un caractère bien trempé.

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À la tête des Bleus entre 2004 et 2010, Raymond Domenech avait notamment dirigé Zinédine Zidane lors de la Coupe du monde 2006. Si cette aventure s’était achevée par une défaite en finale contre l’Italie, elle avait aussi permis au meneur de jeu français de retrouver son meilleur niveau et de porter les Tricolores jusqu’au dernier match.

Lorsque Zinédine Zidane avait ensuite entamé sa reconversion comme entraîneur, Raymond Domenech avait été interrogé par Le Monde en 2016 sur celui qui avait été son capitaine. L’ancien sélectionneur avait alors livré une description loin de l’image lisse et positive généralement associée à l’ancien numéro 10 – allant même jusqu’à dire qu’il n’était « pas un gentil mec » :

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« Zidane incarne le talent, la créativité, il était capable de faire sur un terrain ce que les autres ne savaient pas faire. Et il a en plus cette capacité à ne pas parler beaucoup. Quand il a commencé à faire de la télé son sponsor lui a d’ailleurs demandé d’arrêter. Ça lui donne cette part de mystère qui entoure les stars. Zidane, lui, c’est un mythe. Mais ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec. Il est capable de tout, et c’est ce qui en fait un dieu humain. »

Une sortie particulièrement cash, qui s’expliquait notamment par la relation complexe entretenue entre les deux hommes. Raymond Domenech n’avait surtout jamais digéré les conséquences du célèbre coup de tête de Zinédine Zidane en finale du Mondial 2006, un épisode qui, selon lui, avait été trop rapidement transformé en élément du mythe entourant le Français.

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L’ancien sélectionneur estimait ainsi que le geste de son capitaine avait été largement minimisé au regard de ses conséquences pour le reste de l’équipe. Il avait alors expliqué pourquoi il refusait de parler de pardon :

« Pardonner ? Mais personne n’a eu besoin de lui pardonner car on ne l’a même pas accusé. Quand on est rentrés à Paris après la finale de Berlin on a été reçus à l’Elysée par le président de la République avec la Légion d’honneur ! L’épisode du coup de boule fait partie du mythe. Ça en a fait un dieu humain. Un mec qui met un coup de tête à un type qui l’a insulté, il n’y a pas plus humain.

Les gens n’ont vu qu’un joueur dans cette histoire, mais personne n’a jamais pensé à ce que Thuram, Henry, Vieira, Malouda ou Sagnol avaient pu ressentir. Lui avait fait un mauvais geste et les autres avaient perdu la finale de la Coupe du monde. Comme tout mythe, il bénéficie d’une forme d’immunité. »

Une analyse que Zinédine Zidane n’avait pas vraiment cherché à alimenter. Interrogé peu après lors d’une conférence de presse, l’ancien meneur de jeu s’était contenté de reconnaître le droit de son ex-sélectionneur à avoir son propre avis, sans vouloir prolonger la polémique :

« Qu’est-ce que je peux répondre? Il a son opinion et la défend. Il me connait très bien. Il sait ce que je pense de lui et je ne vais pas commenter davantage. Le plus important est de se concentrer sur la partie. »

Entre admiration pour le joueur et sévérité envers l’homme, Raymond Domenech avait donc toujours conservé un regard très particulier sur Zinédine Zidane. Là où une grande partie de la France voyait un héros presque intouchable, l’ancien sélectionneur rappelait que derrière le mythe se trouvait aussi une personnalité capable de provoquer, de se tromper et de faire des choix lourds de conséquences.

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