Par Rédaction | Sport
Vikash Dhorasoo n’a jamais été un joueur comme les autres. Libre, atypique et peu enclin à se fondre dans le moule, l’ancien international français avait connu une carrière marquée par des choix forts et des prises de position assumées. Mais son histoire avec les Bleus avait surtout été marquée par une longue traversée du désert, dont il avait lui-même identifié le point de départ.
Révélé au Havre, son club formateur, Vikash Dhorasoo avait franchi un cap en rejoignant Lyon en 1998. Ses performances avec l’OL lui avaient rapidement ouvert les portes de l’équipe de France, avec une première sélection obtenue en 1999 contre l’Ukraine, puis une deuxième face à Andorre trois mois plus tard. Ensuite, plus rien pendant cinq ans.
Dans une tribune publiée par Le Monde en 2012, l’ancien milieu de terrain avait raconté ce qui, selon lui, avait précipité cette mise à l’écart. Tout avait commencé dès son premier entraînement avec les Bleus :
« Un jour, on m’a appelé en équipe de France : le môme en moi s’est réveillé. Là, c’était plus du boulot, j’étais en route vers la Coupe du monde. Au premier entraînement, j’ai fait un petit pont au capitaine (Didier Deschamps, ndlr). Tout le monde a vraiment apprécié. Au point de ne pas me rappeler en équipe de France pendant cinq ans… »
Pour Vikash Dhorasoo, ce geste anodin avait surtout révélé les codes d’un groupe dont il ne maîtrisait pas encore les règles. Le milieu lyonnais estimait avoir compris à ce moment-là ce que l’on attendait d’un joueur appelé chez les Bleus :
« Une leçon inoubliable. J’ai compris que mon petit pont n’était pas vraiment prévu au programme. Que j’avais été formé à être un mercenaire efficace, résistant, mobile et corvéable. Surtout prévisible et donc remplaçable. »
Après cet épisode avec Didier Deschamps, Vikash Dhorasoo avait notamment été pris en grippe par Marcel Desailly. Roger Lemerre ne l’avait ensuite plus rappelé en équipe de France. Le changement de sélectionneur en 2002 n’avait d’ailleurs pas immédiatement changé la situation : Jacques Santini, avec lequel le joueur avait quitté Lyon en mauvais termes, avait poursuivi cette mise à l’écart.
Il avait finalement fallu attendre la fin de l’année 2004, avec le renouvellement progressif des cadres de l’ancienne génération et l’arrivée de Raymond Domenech, pour revoir l’ancien Lyonnais sous le maillot bleu. Son retour avait toutefois été discret, et il n’avait que très peu joué durant la Coupe du Monde 2006.
Cette compétition avait néanmoins laissé une trace particulière dans la carrière de Vikash Dhorasoo. Plutôt que par ses performances sur le terrain, il avait surtout fait parler de lui grâce à « Substitute », un documentaire réalisé à partir des images qu’il avait filmées pendant le Mondial. Une nouvelle illustration de la singularité de l’ancien international français.
Avec le recul, Vikash Dhorasoo avait donc considéré ce petit pont sur Didier Deschamps comme un moment fondateur de son histoire compliquée avec l’équipe de France. Un geste d’une seconde, mais une conséquence de cinq années sans sélection, avant un retour finalement tardif chez les Bleus.
