Par Rédaction | Sport
Le débat autour de la Marseillaise revient régulièrement lorsqu’il est question de l’équipe de France et de l’attitude des joueurs avant les rencontres. Faut-il chanter l’hymne national ou simplement respecter ce moment solennel ? Ancien international français, Frank Leboeuf avait livré une réponse particulièrement claire sur le sujet.
Longtemps, le fait de ne pas chanter la Marseillaise n’avait pas réellement suscité de polémique chez les Bleus. Mais au fil des années, la question avait pris une autre dimension, notamment à partir des années 1990. Chacun avait alors développé sa propre manière de vivre ce moment, entre ceux qui chantaient à pleine voix et ceux qui préféraient rester silencieux.
Figure emblématique de l’équipe de France championne du monde en 1998, Frank Leboeuf avait pour sa part toujours entretenu un rapport très fort avec l’hymne national. Dans les colonnes du Figaro, l’ancien défenseur de Chelsea expliquait que cette habitude remontait à son enfance :
« Chez moi, c’est naturel. Ma première Marseillaise, je l’ai entonnée en 1976 quand Guy Drut a été champion olympique à Montréal. Je me suis levé, mon oncle était lieutenant-colonel dans l’armée de l’air. J’étais chez lui, il était trois heures du matin et on a regardé ce 110 m haies historique. Quand l’hymne a démarré, on s’est levé comme un seul homme et on a repris les paroles. »
Relancé sur le fait que chanter la Marseillaise pouvait parfois être perçu comme ringard ou démodé, Frank Leboeuf n’avait alors pas cherché à arrondir les angles :
« Pour moi c’est être patriotique, tout simplement. Et je pense qu’il faudrait qu’on le soit un peu plus en France. Il y a une forme de honte à la chanter car on a la crainte d’être taxé de nationalisme. C’est dommage. Il faut faire la part des choses. »
Le champion du monde 1998 avait ensuite assumé pleinement son attachement à son pays, tout en reconnaissant que celui-ci possédait aussi ses défauts :
« J’aime mon pays et j’en suis fier. J’assume son histoire avec ses qualités mais aussi ses défauts. On a un beau pays et il faut qu’il le reste. Or, parfois j’ai un peu l’impression qu’on perd un peu ce qui fait « nous », notre belle identité. »
Pour autant, l’ancien international français ne souhaitait pas que les joueurs soient contraints de chanter. À ses yeux, la force de la Marseillaise résidait justement dans la sincérité du geste :
« Je trouve que c’est une très belle image. Je ne crois surtout pas qu’on doit forcer les joueurs à chanter la Marseillaise, mais c’est un symbole qui permet de faire le lien entre les joueurs et le public. En plus, je trouve que nous possédons un bel hymne national ! Certains hymnes célèbres vous donnent tout de suite des frissons et avec la Marseillaise, c’est toujours le cas. »
Frank Leboeuf défendait donc une vision fondée davantage sur la fierté que sur l’obligation. Pour le champion du monde, chanter la Marseillaise devait rester un choix personnel, mais ne devait certainement pas être vécu comme quelque chose de honteux. Une position claire sur un sujet qui continue, encore aujourd’hui, de susciter de nombreux débats.
