Entretien exclusif : Frédéric Forte – « LA rivalité reviendra quand Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez sera à nouveau capable de viser le titre. »

Frédéric Forte est Président du CSP depuis 2004. Il a accepté de répondre à nos questions malgré un emploi-du-temps chargé.

Frédéroc Forte

(Crédit photo : France3-regions.franctvinfo.fr)

Parlons-Basket : Bonjour Monsieur Forte, Comment allez-vous?

Frédéric Forte : Je vais toujours bien, surtout quand le CSP gagne.

PB : Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas?

F.F : Je suis né à Caen dans le Calvados, j’ai commencé à jouer en ProA à 16ans. J’ai fini à 34. J’ai eu la chance de jouer à Limoges, Gravelines, Paris, Strasbourg, Iraklion (Grèce), Avellino et Scafati (Italie). A la fin de ma carrière de joueur, j’ai été entraineur et président du Limoges CSP depuis 2004.

P.B : L’année dernière, à la même époque auriez-vous parié que Limoges aurait le titre?

F.F : Il était difficile d’envisager d’être champion. Mais on savait qu’on avait assez de bons joueurs pour ne pas être très loin. Adrien a été incroyable. Nobel fantastique, et Alex Acker somptueux pendant les Play-off. Plus un brin de réussite sur la fin de saison… il n’en fallait pas plus pour décrocher le 10eme titre de champion du Club.

P.B : Qu’avez-vous à répondre à ceux qui disaient que l’équipe ressemblait à « une bande de mercenaires »?

F.F : Les joueurs n’ont plus la culture du maillot ou du club. C’est comme ça à limoges, ou dans tous les clubs du monde. Il ne faut pas s’en affoler même si on aimerait que de grands joueurs fassent leur carrière chez nous.

P.B : Quelle est la prochaine étape à gravir pour le CSP?

F.F : Trouver des ressources supplémentaires, diversifier nos activités, être plus créatif. Il va falloir mettre un système en place qui nous permettra de nous développer, avec plus de monde dans la salle, plus de partenaires, une meilleur qualité de réception de nos VIP, etc

P.B : Comment êtes vous arrivé à la tête du CSP?

F.F : Par hasard. Le club devait disparaitre. J’y avais joué 7 ans, dans les plus grandes années du club avec notamment le titre de champion d’Europe en 1993. Je ne pouvais pas rester les bras croisés quand le club a été liquidé le 6 Juillet 2004. Comme il n’y avait aucun projet et aucun repreneur, j’y suis allé et on m’a fait confiance.

P.B : Vous préférez être président, joueur ou coach?

F.F : Le pire, c’est coach. Surtout aujourd’hui avec des joueurs ayant une très faible connaissance du jeu collectif, et très en retard par rapport à ce qu’on peut attendre techniquement de joueur de ProA.
Le mieux, c’est joueur. Car tu décides du cours du match. Tu as une emprise directe sur le résultat.
Le plus compliqué, c’est président. Car un président, c’est celui qui gère les problèmes au quotidien. Pas ses problèmes de président. Mais tous les problèmes du club, des joueurs, des entraineurs, de réception, de partenaires, de budget etc…
Cela reste un poste amusant, où la pression est forte, et où il faut avoir une vision de développement à 5 ou 10 ans, tout en gérant les affaires courantes.

P.B : Vous êtes réputé pour vous occuper vous même du recrutement du club.

F.F : Avant j’écoutais les entraineurs, je leurs demandais qu’il me fixe des priorités et je faisais le maximum pour avoir tous les joueurs sur leurs listes.
Depuis 2 ans, je m’occupe du recrutement, en collaboration avec le coach bien sûr, mais aussi en prenant attache auprès de Stéphane Ostrowski ou Claude Bolotny par exemple. Mais j’assume tous les joueurs depuis deux ans car je me suis rendu compte, qu’inconsciemment, les entraineurs recrutent beaucoup de joueurs qui leur vont bien dans la personnalité, quitte à prendre un peu moins fort sur le terrain mais avec moins de caractère. Il en faut du caractère pour être champion. Donc …

P.B : Vous n’avez pas envie de partir en vacances?

F.F : Tous les jours. Mais je repousse à la semaine suivante.

P.B : Dans le « Basket hebdo » numéro 61, vous dites que vous vous entendez bien avec l’élan béarnais. Où en est la rivalité entre les deux clubs ?

F.F : Les deux clubs s’entendent bien. LA rivalité reviendra quand Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez sera à nouveau capable de viser le titre, comme nous.

P.B : Trent Plaisted joue peu mais à chaque fois qu’il est sur le parquet, il est efficace. Comprenez-vous que Jean-Marc Dupraz l’utilise si peu?

F.F : Je recrute. Jean-marc gère le quotidien. Les rôles sont bien répartis et je trouve cela plutôt sain. Je ne demande jamais à l’entraineur de changer les systèmes de jeu, ou de faire jouer plus untel qu’un autre. On en parle après les matchs, je lui donne mon avis. Mais autant j’ai le dernier mot sur le recrutement, autant il a le dernier mot sur le quotidien de l’équipe et l’utilisation des joueurs.

P.B : Regrettez-vous d’avoir signé Lamine Kanté?

F.F : Pas du tout. Il avait été signé en Juin, pour limiter l’impact du départ de Nobel pendant l’été, dans un club étranger. Dans ce cas précis, nous aurions pris un joueur américain en titulaire et Lamine pour jouer 5 à 7 minutes par match. Nobel n’étant pas parti (tant mieux), il devenait trop faible pour assumer ce rôle de remplaçant tout seul.

P.B : Pourquoi ne pas avoir gardé Steed Tchicamboud ?

F.F : Steed nous a aidé pendant la blessure de Pape Philippe Amagou. A partir du moment que Pape revenait dans le groupe, nous libérions Steed. Pape a encore 3 ans de contrat au Limoges CSP, et nous comptons beaucoup sur lui.

P.B : En été, des rumeurs donnaient Mickael Gelabale à Limoges mais ça ne s’est pas fait . Qu’est-ce qui a changé?

F.F : On contacte environ 200 joueurs par été. Certains contacts se concrétisent. D’autres pas. On a raté Mickael en Juillet. Puis en Octobre quand il a signé à Strasbourg. Mais au final, il sera avec nous jusqu’à la finale, si finale il y a !

Frédéric Forte, le 15 avril 1993, avec Franck Butter, Jimmy Vérove et Richard Dacoury

(Crédit photo : AFP)

P.B : L’année dernière, le Limoges CSP a été champion de France. Pourquoi ne pas avoir fait des festivités accessibles aux personnes handicapées?

F.F : Les festivités se sont déroulées sur le parvis de l’hôtel de ville. Puis sur le terrain juste derrière, au niveau de l’Augustoritum. Je ne vois pas en quoi l’accessibilité n’était pas possible pour les personnes handicapées.

P.B : Le prix des abonnements ont doublé d’une année sur l’autre. Vous n’y avez pas été avec le dos de la cuillère…

F.F : On retournait pour la première fois en Euroligue depuis 17 ans. Il y aura au final deux fois plus de matchs cette année, mais aussi deux fois plus de déplacements.
De plus, je crois que jouer le CSKA Moscou ou le Maccabi Tel Aviv sont des matchs qu’on ne reverra peut-être pas avant de nombreuses années. De plus, la capacité de la salle ne nous permet pas de faire une politique tarifaire comme nous le souhaiterions.

P.B : Pourquoi les abonnements ne contiennent pas tous les matchs?

F.F : Il y a toute la ProA, plus tous les play-off, le 1er tour de l’Euroligue et le deuxième tour de l’Eurocoupe. Il aurait fallu faire un tarif plus important pour inclure 100% des matchs avec un côté très aléatoire sur la possibilité de passer les tours. Ainsi, l’abonné ne paye que pour des matchs qu’il sera sur de voir, et avec une économie importante sur le tarif match par match. Enfin, comme lors de la finale 2014 pendant laquelle nous avons reçu pas loin de 20.000 demandes, l’abonné est sûr d’avoir sa place.

P.B : Si on devait résumer votre carrière en une action, ça serait la quelle?

F.F : L’interception de 93 sur Tony Kukoc très certainement.

P.B : Si on devait résumer votre carrière en un titre, ça serait le quel?

Champion d’Europe 93. Mais aussi le match en 1992 face à la dream team à Monaco, mais aussi la confrontation face au Lakers de Magic Johnson, tout comme le match face aux Bulls de Jordan. Je suis également très fier de mon titre de champion du monde militaire avec Rigaudeau, Methelie etc car c’est le seul titre de champion du monde de la FFBB.

Merci à Frédéric Forte pour avoir répondu à nos questions.

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