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NCAA – Scandale du recrutement : La ligue australienne veut devenir la priorité des lycéens américains

La semaine dernière le FBI a révélé les résultats d’une enquête de plus de 2 ans visant à montrer que certaines grandes universités n’hésitaient pas à payer des joueurs pour s’assurer leurs services. Alors que de nombreuses institutions prestigieuses se retrouvent dans la tourmente, la Ligue Australienne de Basket entend bien profiter de la situation pour attirer les meilleurs prospects américains.

En 2016, Terrance Ferguson avait surpris beaucoup de monde en choisissant d’évoluer dans le championnat australien plutôt qu’en NCAA. À l’époque il était vu comme le 11ème meilleur joueur de sa tranche d’âge. Avant lui d’autres top joueurs comme Emmanuel Mudiay (5ème meilleur jeune de la classe de 2014) ou encore Brandon Jennings (meilleur joueur de sa classe de recrutement) ont préféré partir loin de chez eux pour évoluer dans un contexte professionnel. L’exode semble aujourd’hui être une réelle possibilité pour de nombreux jeunes.

Après avoir gagné en exposition grâce à Ferguson, la ligue australienne entend bien capitaliser et attirer de plus en plus de gros poissons dans son championnat. Dans un long entretien offert à ESPN, le patron de la ligue Larry Kestelman présente son projet « Next Stars ». Une des mesures phares visant à attirer les joueurs est la mise en place d’un salaire de 100 000$ australiens. Pas de négociation avec les clubs, pas de négociation salariale, les jeunes joueurs tentant l’expérience seront sous contrat avec la ligue elle même. En partant en Australie, les futurs draftés toucheraient une somme tout aussi importante que ce que peut offrir une université en NCAA, tout en gardant une image intacte, ce qui pourrait fortement pesé dans leur choix. Pour ce qui est du jeu, Kestelman affirme que venir dans la National Basketball League serait un choix judicieux :

« Notre ligue offre une grande visibilité aux USA. Notre ligue est la plus proche de la NBA en terme de style de jeu et de présentation les jours de match […] Comme l’a montré Terrance Ferguson, il y a de nombreux joueurs qui pour une quelconque raison ne feront pas partie du système universitaire américain mais qui rêvent quand même de NBA et qui ont le niveau pour être drafté »

Mais ce projet « Next Star » ne servirait pas qu’aux joueurs américains. Grâce à ces mesures, les meilleurs jeunes australiens pourraient eux aussi profiter du système et rester un an au moins dans le championnat domestique et non pas partir comme Ben Simmons ou Patty Mills précédemment.

Au niveau des clubs, tout est fait pour que ce projet soit 100% bénéfique. En effet, une place sera rajoutée dans chaque roster afin de pouvoir accueillir un jeune désirant se présenter à la draft l’année suivante. Pas de maux de tête au niveau de l’effectif et pas de maux de tête au niveau salarial, le joueur en question étant payé par la ligue.

Si en surface tout parait avantageux, lorsque l’on se questionne sur ce projet, on finit par douter de sa réussite. Si l’aspect financier est important, le côté sportif reste lui incertain. Ferguson, utilisé en exemple par la ligue australienne a été drafté en 21ème position par le Thunder après une saison mitigé. En 15 minutes de jeu, il tournait à 4.6 points et 1.2 rebond. Rien d’excitant pour les scouts NBA surtout au vu du niveau réel de la NBL. Il est certain que les 30 franchises NBA favoriseront un joueur NCAA tournant à 20 points qu’un jeune professionnel marquant à peine 5 points par match de l’autre côté du Pacifique. Au final si l’idée semble avoir de l’avenir et si la ligue australienne a tout à y gagner, on ne devrait pas voir une migration massive des meilleurs lycéens vers l’Australie. Du moins pas pour le moment…

 

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