NBA G League – Darius Bazley explique son choix difficile de privilégier la G League à la NCAA

Grand prospect de la draft 2019 aux États-Unis, le lycéen Darius Bazley avait annoncé sa décision de rejoindre la G League le 30 mars dernier, et ainsi renoncer à son engagement envers l’université de Syracuse. Le joueur de 17 ans est revenu pour The Player’s Tribune sur les raisons de ce risque longuement mesuré dans un article intitulé « Why I’m Jumping to the G League », et dont Parlons Basket a décidé de vous retranscrire les passages les plus marquants.

« Dès le départ, je souhaite clarifier une chose : mon rêve a toujours été de jouer en NBA.

Cela ne me rend pas unique. En réalité, plus ou moins tous les jeunes avec et contre qui j’ai pu jouer sur le circuit AAU ces dernières années partageaient ce même rêve.

La différence est que la plupart d’entre eux joueront au basket à l’université l’année prochaine. Pas moi.

La semaine dernière, j’ai annoncé que j’allais emprunter un chemin alternatif en m’inscrivant à la draft de la NBA G League de l’automne prochain.

Ma décision a surpris pas mal de monde, et a même engendré certains débats uniquement parce que je suis le premier prospect à essayer ça. J’ai donc voulu prendre du temps pour expliquer pourquoi j’ai décidé que c’était la bonne option pour moi, et pourquoi je pense que les jeunes qui partagent mon rêve devraient prendre ce choix en considération dans le futur.

Pour comprendre ma façon de penser dans cette prise de décision, je pense qu’il est nécessaire que vous en appreniez un peu plus sur moi. J’ai grandi au sein d’une famille nombreuse, avec deux frères et quatre soeurs. Quand il y autant de personnes à la maison, tu essayes généralement de trouver une excuse pour en sortir. La mienne, c’était le basketball.

[…]

Lorsque j’étais sur le circuit AAU (sorte de ligue d’été du basket lycéen, ndlr), mon but était de recevoir un maximum d’offres de scolarité de la part des universités, parce que c’était la suite logique. Mais je dois avouer une chose, et je pense que c’est le cas pour beaucoup d’autres recrues ; c’est qu’alors que je recevais toujours plus d’offres de grands programmes, je les voyais tous de la même façon : comme une étape d’un an avant de se présenter à la draft NBA. Cette honnêteté peut être perçue comme brutale, mais le système actuel a formaté les meilleurs joueurs lycéens à suivre ce schéma. Je ne regarde pas le basket universitaire de haut ou quoi que ce soit dans ce genre. Je savais juste que je n’allais pas rejoindre une école pour obtenir un diplôme, du moins pas à ce moment de ma vie. Je sais qu’un cursus universitaire m’attend dans le futur, mais qu’actuellement, c’est tout pour le basket.

Tout le processus de recrutement était une expérience folle. J’avais fini par tomber un peu amoureux de chaque école que je visitais. J’avais pleinement l’intention de rejoindre l’université pour un an, j’ai donc passé beaucoup de temps à réfléchir sur le lieu où je serais le plus heureux. Finalement, j’en suis parvenu à la conclusion que Syracuse serait le meilleur endroit pour moi.

[…]

Mais il y a quelques mois, j’ai eu une conversation avec ma mère et l’un de mes coachs, et ils ont amené sur la table l’idée de jouer chez les professionnels pendant un an avant de participer à la draft. J’ai tout d’abord totalement rejeté cette éventualité. J’avais juste du mal à m’imaginer faire ça. Du temps a passé, nous avons eu une autre conversation, et la G League a été évoqué pour la première fois.

Jamais l’un des meilleurs lycéens n’avait essayé de passer un an dans la ligue de développement de la NBA avant de tenter de faire le grand saut. Ce n’est pas comme si ça ne pouvait pas être fait, ça n’avait juste pas été essayé. Pour ce faire, je devrais laisser passer l’opportunité de jouer dans l’école de mes rêves. Mais, pour de nombreuses raisons, ça semblait être une bonne opportunité de progresser en tant que joueur dans des domaines que je n’aurais pas pu travailler dans le cadre de l’université. Au lieu de suivre des cours et d’aller à des soirées, je passerais chaque jour à me battre pour des minutes contre des pros. Je devais choisir entre être un freshman et passer un an dans une organisation pleine de gens partageant un objectif : trouver un moyen de rejoindre la NBA.

Personne n’a jamais procédé de cette manière auparavant…

Et si ça fonctionnait ?

Depuis que la NBA a mis en place la règle du one-and-done, la plupart des prospects a suivi le même trajet : université pendant un an, et puis draft. Si vous jetez un oeil à la prochaine draft NBA, quasiment tous les joueurs projetés comme lottery picks ont fait comme ça.

Et alors que ça a bien marché pour beaucoup de prospects au fil des ans, il est aussi bon de noter que  le chemin universitaire du one-and-done ne fonctionne pas pour tout le monde. Vous ne vous souvenez sûrement pas de beaucoup de ces noms. Beaucoup de choses peuvent arriver pendant cette année – que ce soit des blessures, un manque de temps de jeu ou des rotations du coach.

Aller à l’université n’est en aucun cas le mauvais chemin, mais il n’est également pas forcément toujours parfait. Selon ma façon de voir les choses, mon GPS est programmé pour la même destination que les autres grandes recrues du pays ; j’ai simplement choisi une route différente.

[…]

Je réalise ce que j’abandonne en rejoignant la G League. Je sais que ça ne va pas être glamour. Je m’éloigne de l’opportunité d’être le gars cool sur le campus et de jouer devant 33 000 fans qui hurlent dans le Carrier Dome. Ce n’est pas chose facile.

Mais quand j’ai tout décomposé et que j’ai vraiment évaluer ce que je voulais pour mon futur, j’ai réalisé que malgré le fait que ça n’ait jamais réellement été fait auparavant, passer un an dans la G League allait me préparer pour la NBA d’une façon que nul autre contexte ne pouvait m’offrir.

L’une des explications se résume à un nombre : 38%.

C’est le pourcentage de joueurs NBA ayant eu une expérience en G League. Et ce nombre a régulièrement augmenté au fil du temps.

C’est l’une des raisons pour lesquelles me diriger vers la G League m’attire plus que d’aller jouer à l’étranger. En G League, je vais évoluer avec et face à des talents NBA. Je vais apprendre des systèmes NBA, adopter un programme d’entrainement NBA et plus généralement être dans un environnement où le principal objectif de chacun est de rivaliser à un niveau NBA. Je sais que je me développe particulièrement quand je fais face à un challenge. C’est comme ça que je suis passé d’un joueur de ligue mineure à mes 13 ans à l’un des top prospects du pays. J’ai beaucoup travaillé juste pour arriver au point où le monde extérieur se préoccupe de l’endroit où je vais jouer au basket après le lycée.

De toutes les critiques que j’ai reçu, je crois que la plus drôle est quand des gens ont signalé que j’allais seulement me faire 26 000$ l’année prochaine. Parce que je suis là genre « Yo ! Je vais me faire 26 000$ l’année prochaine ! » J’ai 17 ans. Je trouve qu’avoir cinq dollars, c’est beaucoup d’argent. Si j’ai cinq dollars dans ma poche quand je vais en cours, je suis le gars le plus heureux du monde. Si ma mère me glisse un billet de 20, j’ai l’impression d’avoir gagné la foutue loterie. Ça fait beaucoup de paquets de chips, vous savez ?

Mais bien évidemment, je ne fais pas uniquement ça avec l’argent en tête. Si c’était le cas, j’irais probablement à l’étranger. Je vois l’année suivante comme un investissement sur moi-même. Je n’aurai pas la chance de prendre part à une rivalité diffusée dans tout le pays ou d’évoluer dans un tournoi NCAA, mais lorsque que les projecteurs seront sur les joueurs qui en feront partie, je serai en train de me défoncer. Je serai dans un gymnase, me mesurant à d’excellents joueurs et essayant de les surpasser. Et pendant que je ferai ça, même si le pays ne suit pas mon progrès, tout ce dont j’ai besoin c’est de la bonne personne, qui me regardera jouer dans le bon match, au bon moment.

J’ai conscience que cela implique des risques d’être la première personne à tenter quelque chose comme ça. Mais honnêtement, je prends un risque à chaque fois que je mets le pied sur un terrain de basket. Ce jeu ne te garantit rien, et ton niveau de jeu dépend seulement de ta condition physique. Je n’ai qu’un seul essai pour parvenir à ça, et je suis vraiment heureux de le faire à ma façon.

Si les choses ne se passent pas comme je les avais prévues, je serai alors surement connu comme le dernier joueur à avoir tenter quelque chose comme ça.

Mais j’ai plutôt le sentiment que je suis en passe de devenir le premier d’une longue liste. »

Pour retrouver la version originale et complète de l’article, cliquez ici.

NBA 24/24

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