Le 11 octobre débutera la nouvelle saison de l’Euroleague. Après le sacre du Real Madrid à Belgrade, les cartes sont redistribuées. La maison blanche peut-elle espérer réaliser le doublé ? Qui peut lui succéder ?


Luka Doncic n’est plus là et pourtant la nouvelle saison européenne ne semble pas effrayer le grand Real Madrid. Le slovène de 19 ans est remplacé numériquement par Klemen Prepelic (25 ans, 1m91), son compatriote champion d’Europe en 2017, qui sort d’une bonne saison avec Levallois : 15.4 points, 2.8 rebonds, 3 passes et 12.2 d’évaluation en Jeep Elite et 15.7 points, 1.8 rebond, 1.8 passe et 13.4 d’éval en 9 matchs d’Eurocup. La maison blanche n’a pas fait de grands changements – 13 joueurs de la saison dernière sont encore dans l’effectif – et seulement une seule autre arrivée a été enregistrée dans le club. Le Real mise encore sur la filière sud-américaine avec la signature de Gabriel Deck (23 ans, 1m98). Le poste 3-4 originaire de Colonia Dora s’est engagé pour trois saisons en provenance de San Lorenzo où il tournait à 19.6 points, 6.1 rebonds, 2.4 passes pour 23 d’évaluation en 50 matchs. 3 fois champions d’Argentine, MVP de la « Grand Final », il était aussi le meilleur marqueur de la division.


Cette saison, l’effectif pourra encore compter sur ses vieux briscards comme Rudy Fernandez (33 ans), Sergio Llull (30 ans) le facteur X de la fin de saison en Euroleague, Jaycee Carroll (35 ans) le sniper maison (56.9% à 2 points, 45.8% de loin) ou Felipe Reyes (38 ans), le gardien du temple. Autour de ce noyau dur, des fidèles lieutenants avec le mexicain Gustavo Ayon – au club depuis 2014 – Jeffery Taylor (2015) et Anthony Randolph (2016). Ajoutons à ça une pincée de recrues d’hier (Causeur, Campazzo, Kuzmic, Tavares arrivés en 2017), un soupçon de jeunesse (Yusta, Pantzar) et l’on obtient un cocktail toujours aussi dangereux pour décrocher une onzième Euroleague dans son histoire. Pour diriger ce petit monde, le chef d’orchestre reste Pablo Laso.

 

Gérer la saison régulière pour mieux surgir en Playoffs ?

Petit retour dans le passée : en 2017-2018, après les 30 matchs de saison régulière, le Real Madrid n’affichait que le 5ème meilleur bilan de l’Euroleague avec 19 victoires pour 11 défaites (ex-æquo avec le Panathinaïkos, 4ème). Après un bon début de saison, ponctué par 4 victoires consécutives, le Real a enchainé par 6 défaites en 7 matchs avant de retrouver une dynamique positive (7 succès en autant de rencontres). Sur les 10 derniers matchs de la saison, les espagnols alternent entre victoires et défaites ne réalisant, dans le meilleur des cas, qu’une série de 3 victoires (28ème, 29ème et dernière journée de la saison). Une entrée dans les Playoffs, sans avoir l’avantage du terrain, tout en affrontant le Panathinaïkos d’un Nick Calathes proche du titre de MVP (14.5 points, 3.8 rebonds, 8 passes, 1.7 interception et 18.5 d’évaluation). Lors du Game 1 de la série, les joueurs de Pablo Laso prennent une leçon (95 à 67), dominés de la tête et des épaules par des grecs irrésistibles (60% à 2 points, 54.5% à 3 points, 112 d’évaluation). Un coup de massue salvateur puisque les madrilènes ne perdront plus aucun match jusqu’au titre à Belgrade face au Fenerbahçe de Zeljko Obradovic (85-80).

Durant le Final Four, la pépite Luka Doncic s’occupe de tout et fait ainsi oublier son raté de la saison précédente. Le nouveau joueur de Dallas termine le week-end avec 15.5 points, 5 rebonds, 3 passes, 1 interception et 17.5 d’évaluation. En Finale, Fabien Causeur flambe (17 points à 3/3 de loin, 21 d’évaluation) après des Playoffs compliqués (2.5 d’évaluation). Cette saison, le Real Madrid pourrait suivre un schéma identique afin de garder de la fraicheur pour le sprint final. Le début de compétition semble très abordable avec une première rencontre face au Darussafaka Istanbul, vainqueur de l’Eurocup et 6 matchs à domicile sur les 10 premières journées.

Se méfier de la concurrence !

Oui mais voilà ! Le Real Madrid n’est clairement pas la seule équipe à viser le titre suprême en Europe. Le Fenerbahçe est dans le wagon des favoris et pourrait participer à son cinquième Final Four consécutif. Jo Lauvergne a refusé une dernière année de contrat en NBA (San Antonio Spurs) pour rejoindre le géant turc, guidé par le sorcier Obradovic. Un renfort important dans une raquette déjà bien fournie (Vesely, Deverioglu, Melli, Hersek). A la mène, un autre ancien joueur NBA avec l’arrivée de Tyler Ennis (23 ans, 1m90) ex-membre des Suns, des Bucks, des Rockets et des Lakers, pour un total de 186 matchs à 4.2 points, 1.3 rebond, 1.9 passe de moyenne. Tout comme le Real, les turcs ont fait dans la stabilité pour avancer vers cette nouvelle saison.

Le CSKA Moscou a effectué quelques retouches dans son roster. Il faut oublier la déception de l’an passé avec cette quatrième place très loin (trop loin) des attentes du club. La défaite contre le Zalgiris Kaunas pour la 3ème place aurait même pu coûter la place du coach, Dimitris Itoudis. David Blatt était dans les rumeurs pour le remplacer mais finalement, c’est bien le grec qui restera à la tête du club moscovite. Il faudra des résultats et les russes ont fait du ménage avec les départs de Léo Westermann, Vitaly Fridzon, Victor Rudd ou Viktor Khryapa. 3 rookies ont ainsi posé leurs valises en Russie avec l’ailier-fort Alec Peters, l’intérieur Joel Bolomboy et le meilleur jeune de VTB League en 2017, Ivan Ukhov. La dernière recrue du club se nomme Daniel Hackett (30 ans), le meneur vétéran qui prendra la place de Westermann. Le duo De Colo-Rodriguez formera toujours l’un des back court les plus dangereux de la compétition.

Derrière, des spots sont disponibles et des équipes comme l’Olympiacos, le Panathinaïkos, Vitoria ou le Zalgiris Kaunas, peuvent prétendre au Final Four. David Blatt s’est engagé avec les « Reds » du Pirée et le recrutement du nouveau coach peut s’avérer positif avec Vezenkov, Williams-Goss, Toupane, LeDay et Timma. Des renforts venus prêter main forte à l’équipe du duo Spanoulis-Printezis qui rêve de décrocher un nouveau titre à respectivement 36 et 33 ans. Les voisins du Panathinaïkos sont toujours en Euroleague malgré les menaces de leur président et le mercato a été très très bon avec des joueurs d’expérience : Stephane Lasme (35 ans, 5 saisons d’Euroleague), Ioannis Papapetrou (24 ans, 5 saisons), Keith Langford (35 ans, 7 saisons), DeShaun Thomas (27 ans, 4 saisons). Les grecs ont aussi ajouté les 2m20 de Georgios Papagiannis (21 ans), déjà passé par le club, qui vient retrouver du temps de jeu en Europe après deux saisons frustrantes en NBA (Sacramento, Portland) où il ne jouait que 12 minutes en moyenne pour 4.1 points et 3.2 rebonds.

Vitoria aura à cœur de réaliser une grande saison puisque le Final Four se déroulera à la maison. Animateur de la fin de saison régulière, le club du pays basque nous a offert une remontada incroyable pour rejoindre les Playoffs et gagner le droit d’affronter le Fenerbahçe (défaite 3-1). Le plus beau mouvement de l’été reste la prolongation de contrat de Tornike Shengelia pour 4 saisons supplémentaires. Le capitaine valait 13.7 points, 6.1 rebonds, 2.2 passes et 18.2 d’évaluation en moyenne (33 matchs) et sera de nouveau candidat à une place parmi les meilleurs joueurs de la saison. Les pertes de l’effectif (Beaubois, Timma) sont compensées par les arrivées des joueurs US Shavon Shields (Trento) et Darrun Hilliard (Austin Spurs). Enfin le Zalgiris Kaunas a maintenant un statut à assumer. Équipe « surprise » du Final Four, Sarunas Jasikevicius et ses hommes seront attendus. L’effectif a beaucoup changé (7 arrivées, 6 départs) et Kevin Pangos ne pourra plus faire tourner la maison verte, lui qui a rejoint Barcelone. Au poste 1 ce sont Nate Wolters, aperçu à Chalon la saison dernière et… Léo Westermann qui se relaieront pour fournir Brandon Davies, Thomas Walkup ou Paulius Jankunas en bons ballons.

Il y aura encore une grosse concurrence cette saison en Euroleague. Le champion sortant rêvera d’un doublé mais les adversaires de la maison blanche ont fait le nécessaire pour se renforcer. Si le Real a perdu un diamant sur sa couronne, il ne faudra pas sous-estimer le collectif de Pablo Lasso. La stabilité des effectifs des grosses écuries de la compétition pourrait s’avérer être un gros plus. On ne change pas une équipe qui gagne et ça tombe bien, le Real a encore faim de titre.

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