Malgré quelques grandes injustices, le Hall of Fame est une institution qui récompense les joueurs ayant eu une carrière exceptionnelle, à la fois par leurs accomplissements personnels, mais aussi par la réussite collective. Chaque année, de nouveaux ex-joueurs sont intronisés. 

Après Ray Allen, Jason Kidd, Grant Hill et Steve Nash en 2018, on attend désormais la première année d’éligibilité de Tim Duncan, Kobe Bryant, Paul Pierce ou encore Kevin Garnett. Cependant, malgré des carrières All-Stars en NBA, certains joueurs ne feront sans doute jamais partie du Temple de la renommée. On se penche aujourd’hui sur 10 d’entre eux.

1. Amar’e Stoudemire

Drafté par les Suns directement à sa sortie du lycée, à la neuvième place en 2002, Amar’e Stoudemire ne devrait pas rejoindre son ancien acolyte, Steve Nash, au Hall of Fame. Malgré un titre de rookie de l’année, six sélections au All-Star Game et cinq places dans les All-NBA Team, il manquera sans doute des titres au Stoud pour prétendre aux honneurs du Temple. En huit saisons à Phoenix, Stoudemire a activement participé à la période « Seven Seconds or Less » de Mike D’Antoni. Lors de sa troisième saison, il tourne notamment à 26 points et 8.9 rebonds de moyenne. Mais après avoir quitté l’Arizona, la carrière du Little Tyrant a suivi une pente descendante. Des soucis aux genoux l’ont empêché de jouer à son meilleur niveau lors de ses 4 saisons et demi à New York. Rapidement passé par Dallas, puis par Miami, il a quitté la NBA à la fin de la saison 2016, sans avoir remporté le moindre titre.

2. David West

Récemment retraité, David West quitte la Ligue avec deux bagues, acquises au crépuscule de sa carrière avec les Warriors. Auparavant, l’ailier-fort a dominé la NCAA pendant trois saisons avec Xavier, remportant le titre de meilleur joueur de la conférence Atlantic 10 trois années de suite. Cependant, il n’a jamais passé plus d’un tour lors du tournoi final universitaire. Arrivé en NBA, West a, tout comme Stoudemire, bénéficié de son association avec un des meilleurs meneurs NBA, en l’occurrence Chris Paul. Aux côtés de CP3, l’ailier-fort sera deux fois All-Star. Passé ensuite par les Pacers, il se heurtera deux années de suite au Heat de LeBron James. Puis, avec les Spurs, c’est le Thunder qui prive West d’une bague de champion. Finalement, dans un rôle de remplaçant à Golden State (141 matchs, 0 titularisation), le natif de Teaneck, New Jersey a remporté deux fois le titre. Malgré ce beau palmarès et une carrière terminée avec des moyennes de 13.6 points et 6.4 rebonds par matchs, West ne semble pas être un joueur de calibre Hall of Fame.

3. Andrei Kirilenko

Drafté en 24eme position par le Jazz en 1999, Andrei Kirilenko n’est arrivé en NBA qu’en 2001, et a contribué dès sa saison rookie (10.7 points, 4.9 rebonds). All-Star en 2004 (16.5 points, 8.1 rebonds, 3.1 assists, 1.9 steal et 2.8 blocks), le Russe était un ailier très complet, excellent défenseur, comme le prouve sa moyenne de 1.8 block par matchs, alors qu’il ne mesure « que » 2m06. Trois fois élu dans les équipes défensives, le côté all-around de AK47 le desservira sans doute lorsqu’il sera éligible au Hall of Fame. Très complet, il affiche des statistiques de 11.8 points, 5.5 rebonds, 2.7 assists, 1.4 steal et 1.8 block en 797 matchs. De plus, les multiples blessures subies dans sa carrière ont sans doute empêché Kirilenko de donner sa pleine mesure.

4. Richard Hamilton

Si Richard Hamilton n’intègrera probablement jamais le Hall of Fame, il n’en sera pas bien loin. Son palmarès collectif est en effet bien garni : un titre NCAA avec Connecticut et un titre NBA avec Detroit. Mais il a également joué un rôle majeur dans ces accomplissements. En 1999, lorsqu’il conduit UConn au titre NCAA, il est le joueur de l’année dans la conférence Big East, avec des moyennes de 21.5 points, 4.8 rebonds et 2.7 assists. Il est également élu MOP (équivalent du MVP) du Final Four et est nommé dans le cinq majeur du tournoi. Drafté par les Wizards avec le 7eme choix en 1999, il passe les trois premières saisons de sa carrière professionnelle avec les Wizards. Mais c’est à Detroit qu’il vivra ses meilleures saisons. Il remporte le titre en 2004, et est nommé All-Star à trois reprises, en 2006, 2007 et 2008. Excellent shooter à mi-distance, bon défenseur, Rip Hamilton a quitté la Ligue en 2013, fort de moyennes de 17.1 points, 3.1 rebonds et 3.4 assists par matchs.

5. Carlos Boozer

Champion NCAA en 2001 avec Duke, Carlos Boozer a explosé sur la scène universitaire la saison suivante. Malgré une année à 18.2 points et 8.7 rebonds de moyenne, l’ailier-fort est sélectionné en 35eme position par les Cavaliers. Élu dans les All-Rookie Teams, l’ancien Blue Devil ne reste que deux saisons dans l’Ohio, avant de rallier l’Utah et d’y donner sa pleine mesure. Son duo avec Deron Williams fait fureur, et dans la raquette, son association avec Mehmet Okur est très complémentaire. All-Star en 2007 et 2008, il tourne sur ces deux saisons à 21 points, 11 rebonds et 2.9 assists de moyenne. Passé par la suite par Chicago, puis par les Lakers le temps d’une saison, la carrière de Carlos Boozer a commencé à décliner suite à une blessure au genou gauche, qui le force à manquer plus de la moitié de la saison 2008-2009. Dénué de tout accomplissement collectif en NBA, il faisait néanmoins partie de Team USA aux Jeux Olympiques 2004 (médaille de bronze) et 2008 (médaille d’or). Cependant, son absence de palmarès conséquent en NBA et ses grosses lacunes défensives devraient lui fermer les portes du Hall of Fame.

6. Deron Williams

Bon joueur en NCAA, au sein de l’université d’Illinois (11 points, 5.9 assists de moyenne), Deron Williams a été sélectionné en 3eme position de la Draft 2005. Après une bonne saison rookie, il s’impose comme le titulaire indiscutable au Jazz, et tourne à 18.6 points et 10.2 assists de moyenne sur ses cinq saisons suivantes. Échangé aux Nets, il devient le visage de la franchise, et l’un des fers de lance de la période Mikhaïl Prokhorov, avec Joe Johnson, Paul Pierce, Kevin Garnett et Brook Lopez. Malheureusement, des blessures récurrentes et des difficultés à se maintenir en forme donneront au triple All-Star des difficultés à rester au plus haut niveau. Après une belle première saison complète à Brooklyn, les statistiques de D-Will ont lentement décliné. Toutefois, lors de l’année du lockout, son passage en Europe, au Besiktas, a tellement marqué le club turque que son numéro 8 a été retiré. De plus, Williams compte deux médailles d’or olympique à son palmarès, en 2008 et 2012. Malgré tout, son lent déclin devrait l’empêcher d’intégrer un jour le Hall of Fame.

7. David Lee

La carrière de David Lee a été une ascension régulière, suivi d’une abrupte descente aux enfers. Bon joueur NCAA lors de son cursus à Florida (11.3 points et 6.8 rebonds de moyenne), il termine son cursus en 2005, juste avant que les Gators d’Al Horford et Joakim Noah ne réussissent un back-to-back. Drafté en 30eme position par les Knicks, il progresse lors de chacune de ses cinq saisons à New York, au point d’être sélectionné pour le All-Star Game en 2010. Il rejoint alors les Warriors, et se maintient aux alentours des 20 points et 10 rebonds pendant quatre ans. Cependant, l’émergence de Draymond Green lui coûte sa place de titulaire, et c’est lorsqu’il sort de la rotation de Steve Kerr que les Warriors soulèvent leur premier titre. Auréolé d’une bague, il quitte Golden State pour rejoindre Boston. Aux Celtics, il poursuit la terrible chute entamée la saison précédente. Il ne joue que 30 matchs avant d’être échangé à Dallas. Il jouera une dernière saison aux Spurs avant de quitter définitivement la Ligue, en 2017. Quatre dernières saisons bien loin des standards auxquels Lee s’était habitué dans ses meilleures années. Fort joueur offensif, son manque de palmarès et son déclin coïncidant avec l’ascension des Warriors devraient l’empêcher de rejoindre le Hall of Fame.

8. Metta World Peace

Parmi les personnages les plus hauts en couleurs de l’histoire de la NBA, Metta World Peace a quasiment tout connu dans la Ligue. 16eme choix de la Draft 1999 après deux saisons correctes à Saint-John’s (13.1 points, 6.3 rebonds, 3.2 assists), celui qui était alors Ron Artest s’impose très vite comme l’un des meilleurs défenseurs de la Ligue. Au point d’être élu défenseur de l’année en 2004, une récompense majoritairement décernée à des intérieurs. En plus de sa contribution défensive, Artest est également un joueur offensif plus que correct, puisqu’il tourne à plus de 17 points de moyenne six saisons de suite, entre 2003 et 2009. Journeyman, All-Star en 2004, champion en 2010, Metta World Peace ne devrait cependant pas connaître le Hall of Fame. En effet, de son temps à Indiana, Ron Artest a été l’un des principaux acteurs du tristement célèbre Malice at the Palace. Une bagarre qui lui a coûté une suspension de 80 matchs, et qui devrait dissuader les votants d’accueillir MWP au Temple de la renommée.

9. Elton Brand

1er choix de la Draft 1999 après une saison sophomore exceptionnelle à Duke (17.7 points, 9.8 rebonds, 2.2 blocks), Elton Brand a été une force dominante dès son arrivée en NBA. Lors de sa saison rookie, il tourne à 20.1 points et 10 rebonds de moyenne. Des statistiques qu’il maintiendra pendant ses huit premières saisons, dont une année à 24.7 points et 10 rebonds en 2006, année où il fête sa deuxième sélection au All-Star Game, après 2002. Victime d’une rupture du tendon d’Achille en 2007, il ne joue que huit matchs cette saison-là. C’est le début de la fin pour Brand. Alors âgé de 29 ans, l’ailier-fort ne retrouvera jamais son meilleur niveau. Encore solide pendant ses quatre saisons aux 76ers (13.3 points, 7.4 rebonds), il a prit une première fois sa retraite en 2015, après deux saisons avec Atlanta. Il reviendra au jeu le temps de 17 matchs à Philadelphie, dès la saison suivante, avant de définitivement mettre un terme à sa carrière. Il a été nommé GM des Sixers cet été. Mais son titre de Rookie de l’année restera comme son seul accomplissement majeur. Insuffisant pour le Hall of Fame.

10. Jason Terry

Après une saison senior couronnée de succès à Arizona (21.9 points, 5.5 assists), Jason Terry est sélectionné en 10eme position en 1999, par les Hawks. Combo guard, excellent shooter à 3-points (38% en carrière), le Jet a remporté le titre NBA en 2011, avec Dallas, et a été sixième homme de l’année en 2009. Cependant, son palmarès NBA se limite à ces deux récompenses. Jamais All-Star, malgré des saisons à plus de 19 points de moyenne en 2001, 2002 et 2009, Terry reste néanmoins un des meilleurs shooters longue distance de l’histoire. Avec 2282 tirs de loin réussis, il est le troisième tireur le plus prolifique de l’histoire de la Ligue, derrière Ray Allen et Reggie Miller. Malgré ça, les portes du Hall of Fame devraient rester fermer pour le Jet.

Parmi ces dix joueurs, nombreux sont ceux qui ne sont pas loin du Hall of Fame. Mais une trop courte période de domination, un palmarès individuel et collectif trop limité ou encore un événement extra-sportif devraient les empêcher d’obtenir l’ultime distinction.

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