Arrivé à Charlotte durant l’été, Tony Parker est venu pour apporter sa qualité sur les parquets, mais aussi (et surtout) pour être un homme de vestiaire. Et dans ce rôle, TP a une influence qui dépasse ce que l’on avait d’abord imaginé.

« C’est comme avoir un second coach ». La phrase lâchée par Malik Monk résume à elle seule l’amplitude du nouveau rôle de Tony Parker. Fraîchement arrivé en Caroline du Nord, le quadruple champion NBA et sextuple All-Star n’a pas mis longtemps à éclairer le jeune vestiaire de son aura.

Dans une équipe dont l’entraineur (l’ancien assistant des Spurs James Borrego) vit sa première expérience de head coach sur un banc, et où les joueurs sont pour l’écrasante majorité inexpérimentés et vierge de succès, TP a un énorme poids. Et ce n’est pas le franchise player Kemba Walker qui va dire le contraire :

« Il m’a déjà beaucoup aidé, sur comment être un leader, quand hausser le ton… C’est un honneur de l’avoir ici »

Même son de cloche du côté de James Borrego, qui assume le pouvoir donné à Parker dans l’organisation Hornets :

« C’est le prolongement de moi et du coaching staff. Il amène une crédibilité instantanée à notre vestiaire. Il est dans les huddles, inspire naturellement l’attention, s’assure que les gars soient concernés sur et hors du terrain chaque jour. On va incroyablement s’appuyer sur lui cette saison »

Dès la pré-saison, Tony Parker n’a pas hésité à prendre les choses en main dans ce nouveau rôle. Alors que les Hornets étaient largement menés face au Heat, TP a sonné la charge. Son coéquipier et ami Nicolas Batum raconte :

« Il est entré et a commencé à diriger tout le monde sur le terrain. On a tous écouté, et on est revenus et on a gagné le match. Il a haussé le ton sur le terrain, mais aussi sur le banc et dans le vestiaire »

Pas surprenant, quand on sait que Tony Parker a déjà arrêté les entrainements plusieurs fois pour faire des ajustements, parler aux joueurs et les challenger. Une attitude que l’ancien meneur des Spurs revendique et dans laquelle il se sent très à l’aise :

« Les gars sont super. Ils me posent des milliers de questions. Ils veulent vraiment gagner, veulent vraiment passer à l’échelon supérieur »

A lire tout ça, on en oublierait presque que TP n’est pas un assistant-coach mais bien un joueur. Et s’il est conscient de ne plus être capable de jouer 35 minutes en NBA avec 17 saisons au compteur, il n’en restera pas moins précieux lors du quart d’heure de moyenne qu’il devrait disputer par match. D’abord parce qu’il connait très bien les systèmes et l’identité de jeu du coach Borrego, fortement inspirés des Spurs, et aussi parce qu’il est un floor general reconnu, capable de rendre ses coéquipiers meilleurs et de faire tourner une équipe les yeux fermés. Son entraineur en est d’ailleurs bien conscient :

« On l’a fait venir pour jouer, et dans son approche on voit qu’il veut des minutes. Il joue avec beaucoup de jeunes dans la second unit, et il les maintient en alerte, les met dans les bons spots et s’assure que notre attaque soit fluide »

Ceux qui le jugeront sur les statistiques cette saison se tromperont lourdement : Tony Parker est venu à Charlotte avec un seul objectif en tête, amener la franchise en playoffs. Ambitieux, mais réalisable, pour cette nouvelle phase passionnante de la carrière de TP.

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef Parlons Basket & Parlons NBA. Chez RMC de temps à autres. Le sang-froid de Larry Bird, le mental d'Olivier Giroud.