Après avoir passé une saison à Saragosse (Espagne), Nicolas De Jong est de retour en Jeep Elite, à Boulazac. Le pivot a accepté de répondre à nos questions.

Parlons Basket : Lors de la saison 2016 2017, tu as été le meilleur marqueur de Pro A et pourtant, tu as dû t’expatrier à l’étranger. C’est une frustration pour toi ?

Nicolas De Jong : Pas franchement. L’objectif c’était de découvrir autre chose. Les choses ne se sont pas bien combinées en France. Je me suis exprimé après. J’ai dit que j’étais déçu. Au final, ça m’a un peu montré l’Espagne. Donc, il n’y a pas eu de frustration. J’étais content. J’ai atteint mes objectifs.

Penses-tu qu’on puisse présumer d’un manque de reconnaissance envers les joueurs français dans un championnat qui est plutôt axé sur l’américain ?

Aujourd’hui, les conditions ont changé. C’est-à-dire que les équipes ont droit à un joueur en plus. Automatiquement, les Français ont plus de mal à avoir des postes à fortes responsabilités à cause de la concurrence américaine. Par exemple pour mon poste, les clubs préfèrent quelques fois prendre deux étrangers. C’est sûr que le championnat français est tourné vers les Etats-Unis, alors que dans le championnat espagnol, les clubs vont plus chercher des joueurs européens. C’est culturel. Il y a beaucoup de joueurs français qui tentent leur chance à la draft.

Qu’est-ce qu’a représenté ton année à Sarragosse et quel était ton rôle dans cette équipe ?

Je suis arrivé en tant que rotation interieure avec un temps de jeu entre 17 et 21 minutes. En Espagne, les rotations sont plus larges qu’en France. Chaque joueur a entre 22 et 23 minutes de temps de jeu. J’ai fait ce que je savais faire et ça a porté ses fruits. J’ai fait une saison correcte.

Tu t’attendais à faire une si bonne saison ? Qu’est-ce que tu en retiens ?

J’en retiens deux choses : déjà, c’était une super expérience de jouer contre le Real, le Barça et tous ces clubs là. Je n’aurais pas pu m’imaginer cela il y a encore quelques années. J’ai un petit regret en me disant que si les choses avaient été différentes dans ma carrière, j’aurais aimé y aller plus tôt et être capable de m’installer. C’est un championnat concurrentiel. A la fin de la saison, j’avais 50% de chances de rester et 50% de chances de partir. Je suis plutôt satisfait. C’est une belle expérience.

Tu fais ton retour en France, à Boulazac. Pourquoi ce choix ?

Je joue à Boulazac pour plusieurs raisons. La première c’est que je cherchais une rotation dans une équipe un peu mieux classée que ce que j’avais à Saragosse. J’aurais pu essayer de forcer et rester en Espagne dans une équipe de bas de classement. J’ai passé 30 ans et j’avais envie de voir autre chose. Derrière, j’ai eu la possibilité de faire la prépa avec Andorre. Le coach m’a dit que c’était la prépa voire plus mais sans certitude. A ce moment là, j’ai reçu un appel du coach de Boulazac. Ils cherchaient un 5 américain sur un profil qui me correspondait. J’ai aimé le fait que le poste correspondait exactement à ce que je cherchais. Le projet d’avoir une équipe jeune avec pas mal de Français me plaisait aussi. J’espère que Boulazac fera la surprise.

Est-ce que d’autres clubs français t’ont contacté ?

Certains m’ont contacté en début d’été mais je n’ai pas forcément donné suite car je voulais essayer de rester en Espagne, mais pas dans un équipe qui n’avait comme autre objectif que le maintien comme Saragosse. Derrière le coach m’a appelé pour une place de titulaire don j’ai pris la décision de revenir pour prendre plus de responsabilités en France. Je ne regrette pas du tout. Il faut tout faire pour que ça marche.

Est-ce que tu reviens en voulant prouver à tout le monde que c’était une erreur de ne pas te garder ?

Non, je ne pense pas. Je n’ai pas de rancœur. J’aurais aimé comme tout le monde qu’on me déroule le tapis rouge mais ça n’a pas été le cas. Il faut savoir raison garder. J’ai vécu un bon épisode en Espagne. Peut-être qu’il se répètera dans le futur. On ne sait jamais. Ma motivation est toujours intacte. J’ai envie de devenir meilleur sur le terrain pour convaincre ceux qui ne sont pas convaincus.

Aujourd’hui, tu as 30 ans. Que penses-tu que tu vas apporter à Boulazac après ton expérience à Saragosse ?

A 30 ans, je suis le doyen de l’équipe. Je sais comment aborder les matchs. Je sais comment aborder les différentes équipes. Je vais apporter ce que je sais faire en tant que basketteur. J’espère que le groupe va vivre une saison intéressante et ne pas être le petit Poucet. Je  vais jouer les yeux dans les yeux.

Pourquoi portes-tu les couleurs néerlandaises lors des compétitions internationales ?

En 2015, il n’y avait pas de fenêtres Internationales en France. Il y a des joueurs NBA et d’Euroleague dans l’équipe de France. Donc, je n’ai pas de chance de l’intégrer. A ce moment-là, les Pays-Bas, dont j’ai un passeport, m’appellent et ils me veulent. Le coach m’appelle. On se rencontre. On se parle. Il me dit : « Ça serait intéressant de t’avoir. » Donc j’ai une chance réelle d’intégrer l’équipe. En plus, quand l’équipe A’ a été recréée, il y a six ou sept ans, je n’ai pas été appelé contrairement à d’autres joueurs de ma classe d’âge. Du coup, ça m’a paru naturel de porter les couleurs de mon autre pays. Je les ai portées avec fierté. J’ai fait l’Euro 2015 qui était une étape super importante de ma carrière. J’ai joué contre des joueurs contre qui je n’aurais jamais joué. Cette année, je vais en faire un peu moins parce que familialement c’est plus compliqué. Pour l’équipe de France, ça aurait été un plaisir de porter le maillot mais il y avait trop de concurrence. Avec les fenêtres qu’il y a aujourd’hui, il aurait pu y avoir des possibilités. On ne sait pas. Qui aurait pu le savoir il y a trois ou quatre ans ? Je ne regrette absolument pas d’avoir pris cette chance.

L’équipe néerlandaise se retrouve dans une poule très relevée cette année. Penses-tu qu’il y ait un moyen de rejoindre la Coupe du Monde ?

On peut toujours y croire. Mais, là, j’avoue que ça va être très compliqué. Le premier tour des qualifications éliminait les petites équipes. On a eu la chance de passer. Mais, ça va être compliqué contre la Lituanie. Dans le groupe, il y a aussi la Croatie. Jouer des équipes comme ça, c’est difficile. On a le championnat du monde qui approche. Donc, en face, on n’aura pas une équipe B.

Sur le terrain, vous êtes à égalité avec la Pologne à la troisième place. Rien n’est impossible pour autant…

C’est exactement ça ! On va y croire jusqu’au bout. Après, on verra. Je verrai comment je pourrais faire par rapport à ce projet-là. La situation n’est pas compliquée mais elle est complexe. On espère décrocher une qualification, c’est sûr.

Penses-tu faire partie de la deuxième phase de qualifications ?

Je n’en sais rien du tout. Pour être honnête, j’ai eu une discussion avec le coach. Entre mes obligations par rapport à Saragosse et les fenêtres, c’était difficilement compatible. Cette année, on me demandait de venir énormément. C’était un peu compliqué. On me demandait de m’investir. Donc clairement, c’était pas possible. Maintenant, l’été est passé et il y a eu la signature à Boulazac. Les choses se font comme elles doivent se faire et on verra bien.

Que peut-on te souhaiter cette saison ?

Une année collective et, surtout, du succès pour Boulazac car j’ai envie que ce projet réussisse. J’espère tirer mon épingle du jeu.

Merci à Nicolas De Jong pour sa gentillesse et sa disponibilité.

(Propos recueillis par Guillaume Borelly le lundi 17 septembre 2018)

A propos de l'auteur

Fondateur de Parlons Basket et Parlons Football. Grand passionné de Sport, et principalement de Basket. Supporte les New York Knicks et l'ASVEL Basket.