Tony Parker avait fait le voyage à San Antonio pour honorer Manu Ginobili lors de la « Manu Night », qui a vu le numéro 20 de l’Argentin monter au plafond de l’AT&T Center. De magnifiques moments ont émané de cette cérémonie, à l’image du discours de Gregg Popovich ou encore de celui de Tim Duncan. Nous vous proposons un focus sur celui de Tony Parker, qui a été excellent.

L’émotion était palpable à l’AT&T Center, et les yeux de Manu Ginobili bien humides en voyant défiler ses compagnons d’armes. Il y a eu de l’émotion, des rires, et énormément d’amour. Voici le discours de Tony Parker, qui a parfaitement lancé la cérémonie :

Je suis très heureux d’être là ce soir pour cette soirée consacrée à Manu. Manu, je suis si content pour toi. C’est mérité… C’est mérité. Avant de commencer, je voulais dissiper le malentendu avec l’Argentine. Parce que oui, quand j’ai commencé ma carrière, l’Argentine entière m’en voulait parce que je ne passais pas la balle à Manu. Mais je n’ai jamais vraiment compris, parce que c’est Pop qui décide des systèmes, et ce n’est pas de ma faute s’il donnait tous les ballons à Timmy et que Timmy prenait tous les tirs ! (rires)

Mais je pense qu’on s’en est plutôt bien tirés, non ? On est le meilleur duo de l’histoire de la NBA en termes de victoires en playoffs, 132 matchs gagnés… On s’en est bien tirés. Donc l’Argentine, je vous adore, et Dieu merci Pop à décider de te faire sortir du banc, comme ça ils en voulaient à Pop et moi j’étais tranquille !

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Il y a trois choses que je veux te dire, Manu. La première fois que je t’ai vu jouer, j’avais 18 ans, et quand je pense à toi, c’est à quel point tu étais unique en tant que joueur. Je ne peux pas trouver d’autres mots pour te décrire. Tu étais unique, et personne n’est comme toi dans l’histoire de ce sport. Tu étais si unique que même Pop ne savait pas quoi faire de toi les deux premières années ! Ça n’avait pas de prix de voir la tête de Pop quand Manu faisait une passe. Parce qu’il y a deux types de passes de Manu : les passes légendaires, dont tout le monde se souviendra… et les passes en tribunes. Et au début de la carrière de Manu, il y avait beaucoup de passes qui finissaient en tribunes. Et Pop me regardait en me disant : « Tony, contrôle le jeu », et je lui disais : « Pop, c’est Manu. Manu sera toujours Manu, c’est impossible de le contrôler »… Alors Pop a dit ok, on va laisser Manu être Manu, et il a enchaîné les saisons incroyables. Mon année préférée, c’était en 2005. Tu volais de partout avec tes longs cheveux. Tu n’en as plus maintenant, mais tu en avais ! C’est mon année préférée.

La deuxième chose qui me vient à l’esprit, c’est comme tu étais compétiteur. Je ne serais jamais devenu le joueur que je suis devenu si tu n’avais pas été mon coéquipier. Tu étais une telle inspiration pour moi chaque jour, que c’était contagieux. Tu m’as aidé à devenir un meilleur joueur juste en te côtoyant, et en voyant ta passion chaque soir.

La dernière chose, c’est à quel point tu étais altruiste. Manu était si altruiste… Quand vous y pensez, combien de superstars vont accepter de sortir du banc sans rien dire ? Pas beaucoup, voire même aucune. Et il était si humble qu’il nous inspirait tous. Et pour moi, c’est la définition du Spurs Basketball, parce qu’il a toujours fait passer son égo en dernier.

Alors pour finir, pour moi, tu es une légende. Champion NBA, vainqueur de l’Euroleague, médaillé d’or… Merci, merci pour ton amitié, merci de m’avoir inspiré, et c’était un honneur de jouer avec toi. Je t’adore mec »

Un superbe discours, qui figurera évidemment parmi les highlights de la soirée, dont voici quelques autres. Les Spurs, une incroyable famille :

https://twitter.com/SLAMonline/status/1111479568571883520

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef Parlons Basket & Parlons NBA. Chez RMC de temps à autres. Le sang-froid de Larry Bird, le mental d'Olivier Giroud.