Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Comédien au talent reconnu aussi bien en Belgique qu’en France, François Damiens n’a jamais caché son attachement profond à son pays natal. Fier de ses racines, il revendique d’ailleurs quelques différences entre les Belges et leurs voisins français… non sans une pointe d’humour évidemment !
Longtemps moqués à travers les blagues de Coluche ou d’autres humoristes des années 1970 et 1980, les Belges ont depuis largement inversé la tendance. Aujourd’hui, ils s’imposent comme des figures majeures du septième art francophone : Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Cécile de France ou encore François Damiens incarnent cette nouvelle génération d’artistes venus du plat pays, à la fois authentiques et talentueux.
Comme son compatriote Poelvoorde, François Damiens souligne souvent que le cinéma belge repose sur un état d’esprit plus simple, plus humain, loin du star-system français. Dans un entretien accordé à Le Soir en 2015, il insistait d’ailleurs sur la nécessité de préserver cette singularité nationale :
« Ce qui est important c’est qu’on parle du cinéma wallon et flamand car le rôle de la culture c’est de fédérer un pays. Là, on met ensemble, Wallons et Flamands, et ils font la fête. Il faut continuer à travailler en parallèle avec les Français mais pas aller les rejoindre. Un Belge n’aborde pas un film comme un Français.
En Belgique, tous les films sont une nécessité car les personnes le font pour de bonnes raisons et non pour des raisons financières comme en France. »
Un discours clair : pour Damiens, il n’est pas question de renier les collaborations franco-belges, mais bien de conserver l’âme du cinéma belge, plus artisanale et sincère.
Deux ans plus tard, en pleine promotion du film Ôtez-moi d’un doute, il enfonçait le clou lors d’une interview donnée aux côtés de Cécile de France. Et s’il s’agissait d’une remarque teintée d’humour, elle traduisait une fois encore une différence de fond dans l’approche du métier :
Cécile de France : « François est comme moi : naturel, spontané, instinctif. On pourrait être frère et sœur. On est des terriens, pas des intellos. On ne se prend pas au sérieux ».
François Damiens : « Ce n’est que du cinéma ! Les Français aiment en faire des caisses. Nous, les Belges, les caisses, on les déménage ! »
S’il garde une grande affection pour la France et son public, François Damiens revendique donc une identité artistique propre, faite de simplicité et de sincérité. Travailler avec les Français ? Bien sûr. Mais faire comme eux ? Très peu pour lui.
