Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Depuis plusieurs saisons, les performances de Nikola Jokic alimentent les débats sur l’évolution du jeu et sur la manière dont un pivot moderne peut transformer une organisation entière. Son impact statistique, sa vision du jeu et sa capacité à imposer son rythme placent régulièrement les défenses dans des situations intenables. De quoi susciter l’admiration de LeBron James.
Face à cet état de fait, les observateurs multiplient les comparaisons avec les plus grandes légendes des vingt dernières années. Les adversaires reconnaissent de plus en plus ouvertement qu’il existe un écart grandissant entre Jokic et le reste de la ligue. C’est dans ce contexte que des propos forts ont été tenus récemment, renforçant encore la stature du triple MVP serbe. Et lorsque la reconnaissance vient d’un joueur dont le palmarès parle de lui-même, l’impact est d’autant plus significatif.
Dans un premier temps, LeBron James a détaillé l’impression que lui laisse l’intérieur de Denver depuis plusieurs saisons, confiant : « Je parlais justement avec mon bon ami Jared Dudley et je lui ai dit : “Ce gars est ridicule.” Il m’a répondu : “Oui, il est ridicule.” Il a passé les dernières années à Dallas entouré de grands joueurs, mais ce Joker… c’est incroyable. Sur ses quatre ou six derniers matchs, il ne tourne pas à quelque chose comme 77 % au tir ? Et ce ne sont pas des dunks ou des layups. C’est à toutes les distances. » Ces mots, issus d’un joueur qui a tout vu et tout vécu, témoignent de la singularité du phénomène Jokic et de son arsenal offensif pratiquement inarrêtable.
Un respect exprimé au plus haut niveau
James a élargi son analyse en soulignant ce qui distingue Jokic de tous les adversaires qu’il a pu affronter. C’est là qu’il ajoute : « Il n’y a jamais eu un joueur plus dominant et complet contre qui j’ai joué. Avec tous les attributs que tu as mentionnés : la passe, le tir, le rebond, l’attention qu’il attire… Il n’y a rien qu’il ne puisse faire offensivement. » Une affirmation lourde de sens, surtout lorsqu’elle vient d’un quadruple champion ayant défié les plus grands intérieurs et extérieurs du XXIe siècle. L’impact de Jokic n’apparaît plus seulement exceptionnel : il devient historique aux yeux de ses pairs.
Au-delà des déclarations, les performances du pivot confirment pleinement cette admiration grandissante. Denver s’appuie une nouvelle fois sur son intelligence de jeu pour imposer son rythme à la conférence Ouest, renforçant ses ambitions au fil des semaines. La constance de Jokic, sa lecture parfaite des défenses et sa capacité à dominer sans jamais paraître forcer confirment qu’il est au sommet de son art. Cette aisance technique se traduit aussi par un leadership discret mais implacable, qui a transformé son organisation.
La perspective d’un nouveau duel en playoffs entre Denver et Los Angeles, ou toute autre franchise appelée à croiser la route du triple MVP, ajoute encore de l’intrigue à cette saison déjà palpitante. Chaque confrontation oppose deux visions du basket, deux trajectoires légendaires et deux manières d’influencer l’histoire du jeu. Quelles que soient les évolutions à venir, la reconnaissance mutuelle entre Jokic et James nourrit l’un des récits dominants de l’ère actuelle.
Les propos du King ne font qu’accentuer une impression déjà largement partagée : nous assistons à une forme de domination rarement observée dans l’histoire moderne. Jokic repousse les limites de son propre rôle et impose à la ligue un nouveau standard de polyvalence et de maîtrise. Si Denver poursuit cette trajectoire ascendante, il faudra assurément compter sur eux pour les prochains playoffs.
