Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Une rotation qui semblait pourtant évidente, des chiffres qui parlaient d’eux-mêmes, et une saison qui prend une direction bien différente. À Golden State, certaines décisions interrogent, surtout lorsqu’elles concernent des cinq majeurs qui avaient fait leurs preuves. Steve Kerr est largement visé.
La saison passée, l’association Stephen Curry, Brandin Podziemski, Moses Moody, Jimmy Butler et Draymond Green s’était imposée comme l’une des plus efficaces de l’équipe. Les données étaient sans appel, avec un différentiel largement positif et une domination claire des deux côtés du terrain. Logiquement, beaucoup s’attendaient à voir cette formule devenir une base stable cette année. Pourtant, elle n’a été utilisée que de manière très ponctuelle, alimentant incompréhensions et débats autour des choix de Steve Kerr.
Face aux questions, l’entraîneur a tenu à contextualiser ses décisions. Il a rappelé que le plan initial était bien de repartir avec ce cinq, avant que la réalité du terrain ne vienne tout bouleverser. Entre la blessure de Moses Moody et la montée en puissance de Jonathan Kuminga, l’organisation a choisi d’adapter sa hiérarchie. Kerr assume une gestion fondée sur la dynamique du moment, quitte à s’éloigner de ce qui fonctionnait auparavant.
Une rotation dictée par l’équilibre et la forme du moment
« Nous avions l’intention de l’utiliser en début de saison, puis Moses s’est blessé, JK a très bien joué et nous avons voulu le récompenser. Nous sommes donc restés sur cette formule », a expliqué Steve Kerr, soulignant également l’impact physique de certaines options tactiques. « Nous voulons aussi faire jouer davantage de grands et éviter de placer Draymond au poste de pivot trop souvent, car c’est très exigeant ».
Les chiffres de cette saison confirment que les ajustements n’ont pas été faits au hasard. Le cinq Curry-Podziemski-Kuminga-Butler-Green affiche un impact nettement supérieur sur un temps de jeu plus conséquent. Kerr s’appuie sur ces indicateurs pour justifier ses choix, tout en laissant entendre que l’ancienne formule n’est pas abandonnée définitivement. Elle pourrait réapparaître plus régulièrement lorsque le contexte s’y prêtera.
Dans cette gestion mouvante, Jonathan Kuminga est devenu un symbole. Malgré des performances encourageantes dans certains alignements, le jeune ailier a aussi connu des passages à vide, jusqu’à sortir complètement de la rotation sur certaines rencontres importantes. Une situation délicate, qui a suscité frustrations et interrogations quant à la cohérence globale des décisions prises.
Cette abondance de talents complique cependant l’instauration d’une continuité. Avec potentiellement quinze joueurs capables de revendiquer des minutes significatives, trouver le bon équilibre devient un exercice permanent. Kerr reconnaît la difficulté, tout en martelant que la cohérence et la constance restent prioritaires pour espérer inverser certaines dynamiques négatives.
