Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Chet Holmgren et Victor Wembanyama incarnent deux trajectoires parallèles, deux profils uniques appelés à marquer la ligue sur le long terme. Leur confrontation intrigue, fascine, alimente les débats. Pourtant, du côté des principaux concernés, le mot « rivalité » ne semble pas faire l’unanimité.
Lors d’un entretien accordé à ESPN, Chet Holmgren a tenu à remettre les choses en perspective, balayant l’idée d’une opposition personnelle avec le phénomène français. Pour lui, cette narration ne vient pas des joueurs eux-mêmes mais de l’extérieur, nourrie par l’environnement médiatique et les attentes du public.
« Je ne pense pas que ce soit aux joueurs ou aux équipes de déclarer des rivalités. Vous posez la question à la mauvaise personne », a expliqué Holmgren, avant de préciser que cette supposée opposition ne s’est jamais réellement matérialisée dans leur quotidien. « Ça ne nous a jamais vraiment traversé l’esprit. On ne s’est tout simplement jamais croisés comme ça ».
Une rivalité surtout construite par l’extérieur
Du côté de Victor Wembanyama, le discours a parfois semblé plus piquant, notamment après certaines confrontations très médiatisées. Le Français a reconnu la dimension compétitive de ces matchs, tout en envoyant quelques messages indirects à son homologue et à son équipe. Des sorties qui ont parfois été interprétées comme de la provocation, voire un excès de confiance.
Holmgren, désormais champion NBA, semble toutefois évoluer à un autre stade de réflexion. Pour lui, ces étiquettes ne doivent pas détourner l’attention de l’essentiel : la progression collective et les objectifs de son équipe. Certains observateurs estiment même que cette prise de distance traduit une forme de maturité, renforcée par l’expérience des grands rendez-vous.
La récente élimination du Thunder face aux Spurs en NBA Cup a également pu influencer le ton adopté. Même si San Antonio n’est pas allé au bout de la compétition, ce contexte tendu a ravivé certaines comparaisons, là où Holmgren préfère calmer le jeu plutôt que l’enflammer. Sur le terrain, pourtant, les chiffres racontent une autre histoire. Holmgren affiche cette saison des moyennes solides avec 17,0 points, 7,0 rebonds et 2,8 passes, tout en dépassant les 52 % de réussite au tir et les 42 % derrière l’arc. Une efficacité impressionnante pour un intérieur moderne.
Les prochains face-à-face, programmés à l’approche de Noël, seront scrutés avec attention. Peut-être verront-ils naître davantage de trash-talking ou, au contraire, confirmeront-ils que cette rivalité existe surtout dans l’imaginaire collectif. Quoi qu’il en soit, que les joueurs s’en réclament ou non, Holmgren et Wembanyama restent deux piliers de l’avenir de la ligue. Et à chaque fois qu’ils se retrouvent sur le parquet, le basket y gagne, rivalité officielle ou pas.
