Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le cas Kevin Durant continue de diviser aujourd’hui. Son attitude, ses choix, l’ailier a une image qui lui colle à la peau, et elle n’est pas forcément très glorieuse. Un ancien s’en est encore pris au joueur des Rockets récemment.
Depuis son arrivée à Houston, l’ailier superstar affiche pourtant un niveau de jeu qui rappelle pourquoi il fait partie des plus grands talents de sa génération. Les Rockets ont radicalement changé de dimension après avoir mis la main sur l’ancien MVP, sacrifiant Jalen Green et Dillon Brooks pour accélérer leur fenêtre de titre. Sur le terrain, Durant répond présent, mais en coulisses, certaines voix continuent de questionner la logique de ses choix successifs.
C’est notamment le cas de Byron Scott, ancien joueur NBA devenu consultant, qui a récemment exprimé ses réserves. Pour lui, le parcours récent de Durant s’inscrit dans une logique de « chasseur de bague » difficile à ignorer. « Je suis un grand fan de Kevin Durant, vraiment. Mais quand tu es l’un des meilleurs joueurs de cette ligue, tu ne commences pas à courir après des bagues en rejoignant d’autres équipes juste pour décrocher ce titre qui te manque depuis quelques années », a-t-il expliqué lors d’une intervention radio. Une critique directe, qui relance un débat vieux de presque dix ans.
Un débat qui colle à la peau depuis Golden State
La comparaison avec l’épisode des Warriors revient systématiquement. En 2016, rejoindre une organisation à 73 victoires avait marqué durablement l’opinion publique. Pour beaucoup, cette décision reste l’exemple ultime du raccourci vers le sommet. Scott estime que le passage à Houston s’inscrit dans une continuité, même si le contexte est radicalement différent. Les Rockets n’arrivaient pas auréolés d’un titre récent, mais d’un projet en pleine construction.
Pourtant, l’image de Durant peine à se détacher de ce passé. Après Golden State, l’aventure à Brooklyn avec Kyrie Irving et James Harden devait être une réponse aux critiques. Elle s’est transformée en désillusion, plombée par les blessures et les tensions internes. Phoenix, ensuite, promettait une nouvelle super-équipe avec Devin Booker et Bradley Beal, mais là encore, le projet n’a jamais décollé en playoffs.
C’est précisément ce contexte qui rend la situation actuelle plus nuancée. À Houston, Durant n’a pas rejoint une franchise dominante, mais une équipe jeune, ambitieuse, encore en quête de crédibilité au plus haut niveau. La saison dernière, les Rockets avaient surpris avec une place dans le haut de la conférence Ouest, sans pour autant convaincre qu’ils étaient prêts pour le titre. L’arrivée de Durant a changé ce regard, faisant d’eux un candidat bien plus sérieux.
Là où la critique de Scott divise, c’est sur la notion de responsabilité. Durant reste l’option offensive numéro un, celui autour de qui tout s’articule. Contrairement à Golden State, il n’a pas intégré un collectif déjà champion, mais accepté le rôle de leader dans un environnement encore en construction. Difficile, dès lors, de parler d’un simple confort compétitif.
