Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
À 45 ans, Elodie Gossuin traverse une période charnière, à la fois personnelle et sociétale. Ancienne Miss France devenue animatrice et chroniqueuse engagée, elle prend désormais la parole sur des sujets longtemps restés tabous. Corps, maternité, âge, ménopause : autant de réalités encore difficiles à assumer publiquement. Et la Nordiste n’a plus l’intention de se taire.
Figure médiatique depuis son sacre en 2001, Elodie Gossuin a grandi sous le regard du public. Elodie Gossuin, mère de quatre enfants et désormais autrice, incarne aujourd’hui une parole féminine libérée, loin des injonctions liées à l’apparence ou à l’âge. À l’heure où ses aînés ont quitté le foyer, elle revendique une nouvelle étape de vie, marquée par une introspection assumée et une volonté de dire tout haut ce que beaucoup vivent tout bas.
Dans un entretien accordé récemment à Pure People, l’ancienne reine de beauté s’est livrée sans filtre sur son rapport à l’âge, au corps et à cette période encore trop souvent tue qu’est la ménopause :
« (Sur le fait d’avoir 45 ans) Je me sens libérée, notamment grâce aux nombreuses femmes avec lesquelles j’échange, sur tous les sujets possibles. Sur le fait que mes deux grands, Jules et Rose, aient quitté le nid. Sur le fait que je doive désormais porter des lunettes pour y voir quand je bosse. Sur le fait que je sois en pleine ménopause, mot qui reste très compliqué pour certaines à prononcer et situation qui est très mal prise en charge aujourd’hui.
Mais en dépit de tout ça, je ne me suis jamais sentie aussi bien… Même dans mon corps, qui est moins bien que quand j’étais Miss France. Ce corps qui a donné quatre fois la vie, je le sens libre lui aussi. J’ai aussi appris à dire non. À dire que je n’ai pas envie d’aller là. Ou pas envie de voir tel ou tel con. Je sais ce que je veux pour être bien et je m’accorde enfin le droit de penser à moi. Ça n’a pas de prix. »
Au-delà de son expérience personnelle, l’ancienne Miss France 2001 élargit le débat à une problématique plus globale : la place accordée à la santé intime des femmes en France. Un sujet qui, selon elle, reste encore trop mal traité dans l’Hexagone, malgré de timides avancées ces dernières années. Toujours dans les colonnes de Pure People, Elodie Gossuin a ainsi poussé un coup de gueule sur ce qu’elle estime être le retard français en la matière :
« Il y a quelques années, quand on parlait des règles et des douleurs liées aux règles, on disait aux femmes : « Bah t’es une femme, faut supporter », et on ne parlait pas d’endométriose. Les pubs, c’était du liquide bleu et il ne fallait pas voir de sang ni parler de règles à table. Aujourd’hui, c’est un sujet plus ouvert. Je le vois avec mes filles : c’est normal, c’est naturel de parler des règles, ça touche toutes les femmes… Mais la ménopause aussi, ça touche la moitié de l’humanité et ça touche toutes les femmes à un moment donné. Et on en parle encore difficilement, ça fait problème de bonne femme d’âge mûr.
Quant à la prise en charge, il reste encore beaucoup à faire. Notamment sur la prise d’hormones, qui sont encore difficilement prescrites en France à l’heure actuelle. J’ai étudié le sujet pour écrire mon bouquin : 60 % de femmes n’en parlent absolument pas dans leur entourage, il y a une femme sur 3 qui ne parle même pas de ses symptômes à son mec. On entend encore des médecins dire : « Ma bonne dame, c’est de votre âge, il faut supporter ». Non, y en a marre d’avoir à tout supporter parce qu’on est des femmes. »
Par son témoignage, Elodie Gossuin s’inscrit dans une génération de femmes publiques qui refusent désormais la pudeur imposée. À travers son vécu et ses mots, elle contribue à lever le voile sur des réalités encore trop souvent minimisées, rappelant que la parole reste un premier pas essentiel vers une véritable prise en charge.
