Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Dans un paysage people où les unions durables sont devenues rares, le couple formé par Mélissa Theuriau et Jamel Debbouze fait figure d’exception. Ensemble depuis près de deux décennies, ils ont dû composer avec les regards, les clichés et parfois les jugements liés à leurs différences culturelles. Loin d’esquiver le sujet, la journaliste a accepté d’en parler avec franchise. Quitte à balayer quelques idées reçues.
Figure bien connue du paysage audiovisuel français, Mélissa Theuriau partage la vie de Jamel Debbouze depuis 17 ans, dont 16 ans de mariage. La productrice et l’humoriste, parents de deux enfants nés en 2008 et 2011, ont souvent été présentés comme un couple “improbable” en raison de leurs origines et de leurs parcours très différents. Une lecture réductrice, que les principaux intéressés n’ont jamais vraiment acceptée.
Ces dernières années, Jamel Debbouze a multiplié les apparitions publiques, notamment lorsqu’il a porté la flamme olympique dans son quartier natal de Barbès, symbole fort de son attachement à ses racines. Un homme visiblement épanoui, tant sur le plan professionnel que personnel, et dont la stabilité amoureuse contraste avec les doutes qui entouraient ses débuts avec Mélissa Theuriau.
Car à l’annonce de leur union, les réactions n’avaient pas toutes été bienveillantes. Très tôt, la question de l’acceptation par les familles respectives s’est imposée dans le débat public. Un sujet sensible, que le couple avait accepté d’aborder sans détour dans un entretien accordé au magazine « Elle », il y a plusieurs années. Jamel Debbouze y avait d’abord évoqué ses propres appréhensions face à sa belle-famille, avec une sincérité désarmante :
« Je pensais me coltiner un beau-père « bon français », avec tous les a priori que cela comporte. Et j’ai rencontré un saxophoniste qui, comme tous les artistes, est inclassable ! Sur le plan de l’ouverture d’esprit comme sur le plan intellectuel, il est impeccable. Ma belle-mère était plus inquiète. Forcément, elle ne connaissait ni ma culture ni mon univers. »
Mélissa Theuriau avait ensuite pris le relais, reconnaissant qu’elle aussi nourrissait certaines craintes avant de s’engager pleinement dans cette relation :
« De mon côté, venant d’une famille française qui, même si elle ne pratique pas, est chrétienne, je redoutais un peu que les siens ne veuillent me changer, voire me convertir. Toujours les a priori. Mais il n’y a jamais rien eu de cet ordre-là. »
La journaliste avait poursuivi en évoquant son intégration au sein de la famille de Jamel Debbouze, insistant sur l’attention dont elle faisait l’objet :
« Je n’ai jamais ressenti le moindre sentiment d’exclusion. Au contraire. Même si je commence à comprendre un peu l’arabe, ils font toujours extrêmement attention à ne pas le parler entre eux quand je suis là. »
Dans ce même entretien, le couple était également revenu sur des épisodes de racisme vécus ensemble, notamment lors d’une visite immobilière marquée par une remarque glaçante d’un propriétaire. Face à ces expériences, Mélissa Theuriau avait livré sa vision, simple et déterminée :
« Dire qu’on s’aime passionnément et dans la durée est une très belle réponse à tout ce qui se passe. »
Avec le recul, ces paroles résonnent encore plus fortement. Plus de quinze ans après cette interview, Mélissa Theuriau et Jamel Debbouze continuent d’avancer main dans la main, loin des fantasmes et des préjugés. La preuve qu’au-delà des différences culturelles, la bienveillance et le respect restent les meilleurs fondations pour faire famille.
