Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Depuis son retour, la place de LeBron au sein de la franchise californienne intrigue autant qu’elle questionne. Longtemps chef d’orchestre absolu, maître du tempo et décisionnaire principal, le quadruple MVP évolue désormais dans un registre inédit. Et forcément, ce n’est pas si simple.
Aux côtés de Luka Dončić et d’Austin Reaves, tous deux très à l’aise avec le ballon, LeBron s’est progressivement effacé dans la création. Après la lourde défaite face aux Pistons, le principal intéressé a assumé cette nouvelle réalité. « Je n’ai pas vraiment le ballon. Je ne sais pas si vous regardez nos matchs, mais je joue beaucoup sans ballon. Si les coaches me demandent de le reprendre, je peux le faire. Mais cette saison, je joue surtout off-ball », a-t-il expliqué dans le vestiaire, lucidement.
Ce rôle sans ballon tranche radicalement avec l’image que LeBron a construite pendant plus de vingt ans. Le voir poser des écrans, couper vers le cercle ou attendre en périphérie pour un tir en sortie de passe est presque déroutant. JJ Redick lui-même reconnaît que cette réorganisation ne se fait pas sans heurts, surtout avec trois profils offensifs qui se ressemblent davantage qu’ils ne se complètent.
Une redistribution des rôles loin d’être évidente
Le coach des Lakers a d’ailleurs admis publiquement les difficultés actuelles de son groupe. « Depuis le retour de Bron, nous ne sommes pas aussi organisés offensivement. Il y a trop de possessions brouillonnes, et c’est ma responsabilité. Il faut plus de clarté défensive, plus de clarté dans les rôles et une meilleure organisation offensive », a-t-il reconnu face aux médias. Un constat rare, mais révélateur des ajustements encore nécessaires.
La situation devient d’autant plus délicate que les Lakers continuent d’afficher des ambitions élevées. Malgré les blessures et une période plus irrégulière, la franchise reste bien placée à l’Ouest. Pourtant, l’équilibre semble fragile. Avec trois créateurs majeurs ayant besoin du ballon pour s’exprimer pleinement, la construction d’une identité claire devient un casse-tête permanent.
Dans ce contexte, la question du futur de LeBron à Los Angeles commence à s’imposer naturellement. Protégé par une clause de non-transfert et engagé dans une année contractuelle, le King reste une pièce centrale… mais aussi un facteur de rigidité. Luka Dončić est verrouillé sur le long terme, Austin Reaves s’est affirmé comme le lieutenant idéal, et les marges de manœuvre autour d’eux sont limitées.
Paradoxalement, jamais LeBron n’a semblé aussi disposé à s’adapter, tout en incarnant malgré lui une interrogation structurelle majeure. À 41 ans, il continue de performer à un niveau exceptionnel, mais son évolution de rôle pourrait bien symboliser un tournant. Pour les Lakers, la question n’est plus seulement de savoir comment intégrer LeBron James, mais jusqu’où cette cohabitation peut réellement les mener.
