35 ans après sa mort, les mots de Gainsbourg qui glacent le sang : « C’est pas une perversion, j’ai…

Serge Gainsbourg
INA (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Trente-cinq ans après la disparition de Serge Gainsbourg, certaines zones d’ombre continuent de hanter son héritage. Génie musical unanimement salué, l’artiste a aussi laissé derrière lui des déclarations dérangeantes, longtemps reléguées au rang de provocations. Des mots qui, aujourd’hui, ne passent plus.

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Figure centrale de la chanson française du XXe siècle, Serge Gainsbourg a bâti une œuvre immense tout en cultivant un personnage sulfureux. Provocateur revendiqué, l’homme à la tête de chou a souvent brouillé la frontière entre posture artistique et convictions personnelles, notamment dans ses dernières années marquées par l’alcool et les sorties médiatiques outrancières. Parmi les thèmes les plus sensibles figure son rapport à la sexualité, longtemps entouré d’ambiguïtés assumées et de déclarations choquantes.

Si sa bisexualité supposée a parfois été évoquée sans provoquer de tollé particulier, d’autres propos attribués au chanteur prennent aujourd’hui une tout autre dimension. En 2021, Jane Birkin, compagne emblématique de Serge Gainsbourg et mère de Charlotte Gainsbourg, a ravivé le débat en évoquant un aspect bien plus dérangeant de sa personnalité, à l’occasion d’un entretien accordé autour de la sortie du livre « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » d’Arthur Dreyfus. Jane Birkin y confiait :

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« Serge aimait toujours les garçons qui chantaient dans les chorales… Il aimait les garçons, d’ailleurs, donc c’est un côté de lui ambigu. Il était probablement bisexuel. »

Des propos qui appellent une lecture extrêmement prudente. Si la bisexualité entre adultes ne pose évidemment aucun problème, l’emploi du terme « garçons » renvoie ici à une notion autrement plus grave. Une ambiguïté que d’autres citations attribuées à Serge Gainsbourg viennent malheureusement renforcer. Arthur Dreyfus rapportait ainsi une phrase glaçante prêtée à l’interprète de La Javanaise :

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« Les femmes ? Une façon élégante de ne pas tomber dans la pédérastie. »

Erreur ou ragot ? Malheureusement, non. Lors d’un entretien accordé à Thierry Ardisson, Gainsbourg avait confirmé ce penchant avec une sortie aussi répugnante que malsaine :

Ardisson : « Et si tu étais une perversion, tu serais quoi ? Je sais pas, tu serais pédéraste ? »
Gainsbourg : « Oh j’y ai pensé, c’est pas une perversion ».
Ardisson : « T’as essayé, non ? »
Gainsbourg : « Faut pas mourir idiot »

À la lumière des standards actuels, ces propos glacent le sang. Ils témoignent d’une époque où certaines déclarations, sous couvert de provocation artistique, n’étaient ni immédiatement dénoncées ni réellement questionnées. Serge Gainsbourg a souvent revendiqué le droit de choquer, mais la provocation ne saurait tout excuser, surtout lorsque les mots franchissent la frontière de l’inacceptable.

Trente-cinq ans après sa mort, l’œuvre musicale de Serge Gainsbourg demeure majeure et continue d’influencer des générations d’artistes. Mais ces révélations rappellent aussi que le génie n’efface pas les zones d’ombre, et que certaines paroles, même anciennes, méritent aujourd’hui d’être regardées avec lucidité et gravité.

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