Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Au début des années 2000, l’arrivée de LeBron James à Cleveland a tout changé. La franchise s’apprêtait à miser sur un talent générationnel, avec l’espoir de bâtir autour de lui sur le long terme. Mais ce choix a aussi entraîné des décisions rapides et parfois brutales. Ricky Davis en a fait les frais, malgré une saison de référence juste avant l’arrivée du prodige.
À l’époque, Ricky Davis est l’un des rares joueurs offensifs fiables des Cavaliers. Après plusieurs saisons irrégulières ailleurs, il explose enfin à Cleveland, où il trouve rythme et responsabilités. Lors de la saison précédant la draft 2003, il tourne à plus de 20 points par match et devient la principale option offensive d’une équipe volontairement en reconstruction.
Quand LeBron débarque, Davis affirme pourtant ne pas être fermé à l’idée de partager le terrain avec lui. Dans son esprit, l’arrivée d’un talent de ce calibre devait surtout lui apporter du soutien. Mais très vite, la franchise adopte une autre logique, davantage tournée vers le développement exclusif de son nouveau joyau.
Un choix assumé pour protéger LeBron
Avec le recul, Davis estime que son profil de scoreur pur posait problème à Cleveland. « J’étais en feu. Je marquais sans avoir besoin de systèmes, c’était ma mentalité. Dès que je recevais la balle, j’attaquais », a-t-il expliqué, convaincu que cette façon de jouer freinait l’éclosion offensive de LeBron, alors encore très porté sur la création pour les autres.
Selon Ricky Davis, la direction s’est rapidement fait une idée très claire. « Ils se sont dit que ça n’allait pas marcher. Comment LeBron allait devenir un gros scoreur si, à chaque fois qu’il me passait la balle, je marquais ? », raconte-t-il. À ses yeux, Cleveland voulait accélérer la transformation de James en leader offensif numéro un, quitte à sacrifier son meilleur scoreur du moment.
Le contexte de l’époque renforce cette lecture. Les Cavaliers avaient volontairement coulé sportivement pour maximiser leurs chances à la draft. Une fois LeBron sélectionné, tout devait tourner autour de lui. « Ils ont pensé qu’il fallait me sortir du chemin pour contrôler le rythme de son développement », affirme Davis, persuadé que la décision était prise bien avant son transfert.
Ainsi, après seulement 23 matchs lors de la saison rookie de LeBron, Ricky Davis est envoyé à Boston. Un choix radical, mais assumé par la franchise. À Boston, Davis retrouve un rôle important aux côtés de Paul Pierce. Le projet est différent, moins centré sur une seule superstar en devenir. Danny Ainge croit en lui et le considère comme un renfort offensif crédible. « C’est un talent fantastique, un joueur qui a mûri et qui a encore beaucoup à prouver », déclarait alors le dirigeant des Celtics. Avec le recul, l’histoire donne un goût particulier aux paroles de Ricky Davis, qui estime encore aujourd’hui que leurs trajectoires auraient pu coexister, au moins pour un temps.
