Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
L’arrivée de Luka Dončić a profondément modifié l’équilibre offensif de la franchise californienne. Pendant plus de vingt saisons, LeBron James a été l’initiateur principal du jeu, le joueur par lequel tout transitait. Désormais, le ballon circule différemment, et le poids de la création repose davantage sur les épaules du meneur slovène.
Ce changement aurait pu freiner l’impact statistique de LeBron James, surtout à bientôt 41 ans. Pourtant, match après match, James continue d’afficher des lignes de statistiques impressionnantes. Face à Memphis, il est encore passé tout près du triple-double avec 26 points, 7 rebonds et 10 passes, preuve que son influence ne se limite plus à la domination par le ballon.
Interrogé sur cette transition après la rencontre, LeBron a livré une analyse lucide de son évolution. « Je dois être capable de faire évoluer ma manière de jouer en fonction de la façon dont notre équipe veut jouer. J’évolue beaucoup sans le ballon cette saison, je choisis mes moments et je trouve des moyens d’être productif pour nous aider à gagner, offensivement comme défensivement », a-t-il expliqué, assumant pleinement ce nouveau rôle.
Une adaptation qui prolonge son impact
Cette capacité d’adaptation est sans doute l’une des plus grandes forces de sa carrière. Là où d’autres stars déclinent lorsque leur usage baisse, James compense par une lecture du jeu toujours plus fine. Son placement, son timing et son intelligence collective lui permettent de rester au cœur de l’action sans monopoliser les possessions.
Sur le terrain, cela se traduit par une implication accrue loin du ballon. Coupes tranchantes, écrans bien posés, passes rapides dans le bon tempo : LeBron optimise chaque séquence. Défensivement, il choisit mieux ses interventions, préservant son énergie tout en restant décisif dans les moments clés.
Cette évolution profite aussi à Dončić, qui peut s’appuyer sur un partenaire capable de sanctionner sans dribbler excessivement. L’alchimie entre les deux stars progresse, même si l’ajustement reste en cours. Pour Los Angeles, l’enjeu est clair : maximiser cette complémentarité pour masquer certaines failles collectives.
Le King démontre une nouvelle fois qu’il n’a pas besoin de dominer le ballon pour dominer le jeu. En remodelant son impact sans renier son ADN, il prolonge sa longévité au plus haut niveau et rappelle qu’un joueur complet sait briller dans toutes les configurations. Une leçon de longévité autant que de basket.
