Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Un malaise discret peut parfois se cacher derrière des mots parfaitement maîtrisés. À Los Angeles, rien n’explose ouvertement, mais certaines déclarations récentes ont suffi à semer le doute. Et lorsque LeBron James parle du jeu, chaque phrase est disséquée, surtout quand l’équilibre des Lakers repose désormais sur une nouvelle hiérarchie.
Lors de son passage sur le podcast Mind The Game, LeBron n’a jamais cité Luka Dončić. Pourtant, ses propos sur l’évolution du jeu offensif moderne ont immédiatement fait réagir. Le contexte, le timing et surtout la situation actuelle des Lakers ont poussé de nombreux fans à lire entre les lignes. Pour beaucoup, ces mots ne relèvent pas uniquement de la théorie. Ils traduisent une réflexion plus profonde sur la manière dont l’attaque doit fonctionner aujourd’hui… et peut-être sur la façon dont elle fonctionne réellement à Los Angeles.
LeBron a d’abord insisté sur l’évolution des défenses NBA face aux joueurs ultra-dominants balle en main. « Il y a cinq à sept ans, on ne voyait pas autant de schémas défensifs pour contrer les joueurs en isolation », a-t-il expliqué, détaillant les prises à deux, les aides agressives et les pièges destinés à forcer la balle hors des mains d’un créateur isolé.
Un discours qui interroge l’équilibre offensif des Lakers
Dans la continuité, il a mis l’accent sur une notion clé : le rythme. « Dans un jeu basé sur le pace and space, ça te sort du rythme. Tu veux que la balle vive, que le déclencheur vienne de la passe ou du pick-and-roll ». Un message qui, pour beaucoup, fait écho aux possessions parfois figées autour du dribble de Dončić.
LeBron est désormais dans un rôle inédit pour lui. Après plus de vingt ans comme moteur principal, il accepte de jouer davantage sans ballon, de couper, d’espacer et de laisser l’initiative à Luka. Il l’a d’ailleurs répété sans détour : il aime cette configuration. Mais il a aussi rappelé qu’il pouvait reprendre le contrôle si nécessaire.
C’est là que les interprétations s’emballent. « Le jeu aujourd’hui, c’est une question de supériorité numérique. Comment déclencher le mouvement ? Est-ce par la passe, par le pass-and-cut, ou par le pick-and-roll, comme nous le faisons beaucoup avec un joueur aussi dynamique que Luka ? », a-t-il expliqué, soulignant que les longues isolations statiques représentent désormais « une part bien plus faible du basket qui fait gagner ».
Difficile de ne pas relier ces propos au profil même de Dončić. Individuellement, le Slovène est irréprochable : 33,7 points, 8,1 rebonds et 8,7 passes de moyenne, des chiffres dignes d’un candidat sérieux au MVP. Mais l’autre face du tableau existe aussi, avec 4,5 balles perdues par match et des séquences où l’attaque ralentit, voire se fige, jusqu’à un tir forcé en fin de possession. Alors, LeBron vise-t-il Luka ? Probablement pas de manière personnelle. Il a toujours parlé du jeu avec cette précision analytique. Mais le message est là : pour aller plus loin, les Lakers auront besoin de plus que du talent pur.
