Par Rédaction | Sport
Ja Morant reste l’un des talents les plus explosifs de sa génération, capable de gestes spectaculaires et de séquences qui marquent durablement les esprits. Mais derrière l’image du joueur électrique, les interrogations se multiplient sur sa capacité à incarner durablement le visage d’une franchise NBA.
Il n’y a pourtant pas si longtemps, Ja Morant était présenté comme un futur leader incontesté de la ligue. Son impact immédiat, son audace et son charisme avaient placé Memphis au centre de l’attention, avec l’idée qu’un projet solide pouvait se construire autour de lui. Mais les saisons suivantes ont été plus chaotiques, entre blessures, suspensions et une instabilité qui a progressivement fragilisé la dynamique collective.
À l’approche de la date limite des échanges, la franchise du Tennessee semble désormais ouverte à écouter des offres. Une évolution révélatrice d’un changement de perception autour du meneur de 26 ans, dont le talent n’est pas remis en cause, mais dont le rôle optimal divise de plus en plus les observateurs et anciens joueurs.
Un profil qui poserait problème comme leader principal
Kendrick Perkins a été particulièrement clair sur le sujet, estimant que Ja Morant gagnerait à évoluer dans un contexte différent. « Il y a trois ans, on parlait de Ja Morant comme du visage de la ligue. Aujourd’hui, les équipes se disent qu’elles ne veulent plus gérer ce genre de situations », a-t-il expliqué, soulignant que de nombreuses franchises préfèrent miser sur de jeunes profils jugés plus stables culturellement. Pour Perkins, Morant ne serait tout simplement pas fait pour être l’option numéro un sur le long terme.
L’ancien intérieur va plus loin en affirmant que le jeu de Morant serait mieux valorisé dans un rôle secondaire, aux côtés d’une autre superstar. Selon lui, cela permettrait au meneur de se concentrer sur ce qu’il fait le mieux : attaquer, créer du spectacle et faire basculer des matches sans avoir à porter tout le poids du projet sportif et extra-sportif.
Channing Frye partage en grande partie cette analyse. À ses yeux, Morant pourrait s’épanouir dans une configuration proche de celle d’un lieutenant de luxe, capable d’électriser une rencontre sans être le pilier culturel de l’équipe. « J’aime l’idée de le voir ailleurs, pas comme la tête d’affiche, mais comme un joueur qui se contente de jouer, d’être excitant et décisif », a-t-il expliqué, évoquant même un rôle comparable à celui d’un coéquipier complémentaire dans une équipe ambitieuse.
Cette vision n’enterre pas pour autant le potentiel du joueur. À seulement 26 ans, Ja Morant a encore du temps pour mûrir, se recentrer et redéfinir sa trajectoire. Mais le message envoyé par Perkins et Frye est clair : être le visage d’une franchise ne se limite pas aux performances sur le parquet. Cela implique une constance, une fiabilité et une exemplarité que Morant n’a pas toujours su afficher jusqu’ici.
