Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Brillant sur le parquet, incontournable dans le projet des Spurs, Victor Wembanyama doit pourtant composer avec une réalité réglementaire qui dépasse le simple cadre du jeu. Son statut individuel pourrait dépendre de quelques matches manqués de trop.
Le règlement de la ligue est clair : pour être éligible aux distinctions de fin de saison, dont les équipes All-NBA et le trophée de Défenseur de l’année, un joueur ne peut pas dépasser 17 matches d’absence. Or, Wembanyama en a déjà manqué 14. Une marge infime qui oblige San Antonio à peser chaque décision, entre ambition collective et protection d’un talent majeur.
Dans les discussions internes, ce paramètre n’est pas ignoré. Le joueur lui-même reconnaît qu’il y prête attention, sans que cela ne devienne l’élément central des choix médicaux. « J’y fais attention. Mais le staff médical essaie que ce soit le facteur le plus petit possible, parce qu’en tant que professionnels de santé, ce n’est pas quelque chose qu’ils sont censés faire », a expliqué le Français, conscient des limites imposées par ce genre de considérations.
Un équilibre délicat entre prudence et reconnaissance individuelle
Sur le plan statistique, le dossier du Français est solide. Il tourne à 24,3 points, 11,1 rebonds et 3,1 passes de moyenne, avec une efficacité remarquable à 51,6 % au tir. Mais c’est surtout son impact défensif qui marque les esprits : 2,8 contres par match, un chiffre qui le place parmi les favoris crédibles pour le titre de Défenseur de l’année.
Malgré les précautions affichées, Wembanyama pousse pour revenir le plus vite possible. Il n’apparaît plus sur le rapport des blessés et a récemment retrouvé sa place dans le cinq majeur. Cette volonté de jouer témoigne autant de sa compétitivité que de son désir de ne pas laisser filer des opportunités individuelles importantes.
L’encadrement, lui, tempère. « Il y a beaucoup de variables qui entrent en jeu, et celle-ci en fait partie », a résumé l’entraîneur des Spurs, Mitch Johnson, rappelant que la priorité reste la disponibilité du joueur sur la durée. L’objectif affiché est clair : installer Wembanyama durablement dans le cinq de départ jusqu’à la fin de la saison, sans prendre de risques inutiles.
Le danger reste néanmoins bien réel. Quatre matches manqués supplémentaires suffiraient à exclure définitivement le Français des débats pour les récompenses individuelles. Une situation qui concerne aussi d’autres stars de la ligue, comme Nikola Jokic, LeBron James ou Giannis Antetokounmpo, tous confrontés aux mêmes contraintes. Ce dernier a même demandé un changement à Adam Silver.
