Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La saison de LeBron James continue de susciter autant d’analyses que de débats passionnés. À 41 ans, chaque match, chaque statistique et chaque décision sont disséqués avec une intensité rarement vue pour un joueur de cet âge. Plus que ses performances, c’est son héritage qui semble aujourd’hui au centre de toutes les discussions.
Cette pression permanente n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulière alors que sa carrière entre dans sa phase finale. Certains observateurs scrutent ses moindres baisses de régime, tandis que d’autres rappellent l’exploit que représente simplement sa longévité. Un contexte qui alimente encore un peu plus la comparaison éternelle avec Michael Jordan.
Face à cette atmosphère tendue, une voix bien connue a tenu à prendre position. Gilbert Arenas, ancien scoreur emblématique et désormais consultant, s’est montré particulièrement agacé par le traitement réservé à LeBron James, estimant que les attentes à son égard sont devenues déraisonnables.
Une longévité exceptionnelle trop souvent banalisée
Gilbert Arenas s’est exprimé sans détour sur son podcast, dénonçant ce qu’il perçoit comme une forme de rejet alimentée par le débat du GOAT. « Je pense que son nom génère tellement d’émotions différentes. Toute cette haine vient du fait qu’il est si proche de Jordan… Que tu le mettes devant ou derrière Jordan, qu’est-ce que ça peut faire ? » Selon lui, cette obsession empêche une lecture objective de ce que LeBron accomplit encore aujourd’hui, malgré le poids des années.
Statistiquement, LeBron James continue pourtant d’évoluer à un niveau impressionnant. Il tourne autour de 22 points par match, avec une efficacité remarquable au tir, tout en apportant au rebond et à la création. Sur le début du mois de janvier, ses performances offensives sont même reparties à la hausse, rappelant qu’il reste capable de prendre le contrôle d’une rencontre quand le besoin s’en fait sentir. Arenas regrette que ces chiffres soient relativisés uniquement parce qu’ils sont comparés à une version plus jeune et plus explosive du même joueur.
L’ancien meneur insiste pourtant sur un point essentiel : il n’est pas nécessaire d’opposer systématiquement les deux légendes. « Peu importe le camp que tu choisis, tu fais comme si l’autre était très loin derrière. Or la discussion concerne deux personnes, pas cinq mille. Arrêtez de minimiser la grandeur de ces deux joueurs », martèle-t-il. Pour lui, Jordan et LeBron dominent chacun leur époque à leur manière, sans que l’un ait besoin d’écraser l’autre pour exister.
À l’approche de la retraite, LeBron James reste ainsi prisonnier d’une comparaison permanente qui occulte parfois l’essentiel. Son impact, sa durabilité et sa capacité à rester compétitif après plus de vingt ans au plus haut niveau constituent déjà un héritage hors normes. Et comme le rappelle Arenas, le jour où cette présence disparaîtra, beaucoup réaliseront trop tard à quel point elle était exceptionnelle.
