Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Arrivé avec l’ambition de former un duo redoutable avec Luka Dončić, Deandre Ayton peine à s’imposer comme une pièce incontournable du dispositif des Lakers. Les intentions étaient claires : offrir à la star slovène un partenaire fiable dans le jeu à deux, capable de poser des écrans solides et de finir près du cercle. Or, dans les moments clés, l’impact du pivot reste trop irrégulier pour convaincre pleinement le staff et l’entourage de la franchise.
Cette difficulté d’adaptation ne se limite pas à une simple baisse statistique. Elle renvoie surtout à une question de style et de compatibilité. Ayton n’a jamais été un intérieur au profil sacrificiel, prêt à faire le sale boulot en permanence pour libérer son meneur. Et dans un système centré sur Dončić, ce détail devient essentiel, tant le jeu du Slovène repose sur la lecture, le timing et l’engagement total de ses partenaires.
Ancien ailier des Lakers, Markieff Morris a justement mis des mots sur ce malaise lors de son passage dans un podcast spécialisé. « Avant tout, il ne joue pas assez dur. Quand tu as Luka dans ton équipe, tu dois accepter de te salir, de protéger le cercle, de poser de vrais écrans, de communiquer. Être un pivot sacrificiel », a-t-il expliqué. « C’est pour ça qu’il a si bien joué avec Lively ou Gafford. Ce sont des intérieurs qui se sacrifient. Ayton, ce n’est pas ce profil-là. »
Un rôle qui ne correspond pas à l’ADN de Dončić
La comparaison avec les anciens partenaires de Dončić à Dallas est parlante. Là-bas, le meneur a souvent sublimé des intérieurs limités techniquement mais irréprochables dans l’effort. Leur mission était claire : protéger la raquette, finir au-dessus du cercle et accepter de vivre sans ballon. À Los Angeles, Ayton semble parfois attendre que le jeu passe par lui, ce qui casse le rythme et réduit l’efficacité collective.
Markieff Morris est même allé plus loin en comparant Ayton à Jaxson Hayes, pourtant moins talentueux sur le papier. « J’aime mieux Hayes avec Luka qu’Ayton, parce qu’il accepte de sacrifier son jeu, de jouer au-dessus du cercle, de tenter des contres et de faire toutes ces petites choses qui comptent », a-t-il souligné, laissant entendre que l’effort et l’état d’esprit priment sur le statut ou le contrat.
Les statistiques traduisent en partie ce malaise. Cette saison, Ayton tourne à 13,9 points et 8,7 rebonds de moyenne, mais ses dix derniers matchs montrent un léger recul, avec 11,3 points et 8,6 rebonds. Des chiffres honorables, mais insuffisants pour un joueur censé être un pilier intérieur aux côtés d’un leader aussi exigeant que Dončić.
Pour autant, tout n’est pas à jeter. Lorsque le pivot se concentre sur le rebond et l’impact physique, son influence sur le résultat est réelle. Sa performance à 17 points et 18 rebonds face à Atlanta l’a rappelé : Ayton peut peser lourd quand il joue avec intensité. Reste à savoir s’il parviendra à maintenir ce niveau d’engagement sur la durée.
