Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La situation autour de Jonathan Kuminga est devenue l’un des dossiers les plus sensibles de la saison à Golden State. À l’approche de la date limite des transferts, les tensions internes, longtemps contenues, se retrouvent désormais exposées au grand jour. Et cette fois, le débat ne se limite plus au joueur lui-même.
Depuis plusieurs semaines, l’ailier voit son rôle s’étioler, au point de disparaître complètement de la rotation. Malgré des besoins évidents en jeunesse et en impact athlétique, l’équipe continue de s’appuyer presque exclusivement sur son noyau vétéran. Cette gestion interroge, d’autant plus que Kuminga avait montré des signes encourageants lors des saisons précédentes.
Pour Kendrick Perkins, l’analyse est limpide. L’ancien champion NBA estime que la responsabilité ne doit pas être imputée au joueur, mais directement à son entraîneur. Selon lui, Steve Kerr n’a jamais réellement cru en Jonathan Kuminga, contrairement à d’autres jeunes éléments auxquels il a accordé sa confiance. « Steve Kerr est le problème. Point final », a-t-il lancé sans détour sur le podcast Road Trippin’, pointant un manque de vision et de cohérence dans la gestion de l’effectif.
Une absence de projection qui fragilise l’organisation
Dans son argumentaire, Perkins va plus loin et s’interroge sur la trajectoire globale de la franchise. À ses yeux, Golden State fait figure d’exception parmi les équipes ambitieuses de la ligue, incapables de concilier présent et avenir. « Pensez-y. Toutes ces organisations sont construites pour maintenant et pour plus tard. Les Warriors ? Quel avenir ? Il n’y en a pas », a-t-il affirmé, dénonçant une dépendance excessive à Stephen Curry, Draymond Green et Jimmy Butler, malgré leur âge et l’usure des saisons.
Cette situation rend encore plus incompréhensible, selon lui, la mise à l’écart prolongée de Kuminga. Le joueur n’aurait pourtant causé aucun trouble en interne. Au contraire, plusieurs cadres ont publiquement salué son professionnalisme. « Quand Steph te donne ce type de retour sur Jonathan Kuminga, quand Draymond dit après le match qu’il n’a jamais été une distraction, ça en dit long », a insisté Perkins, ajoutant que Butler partageait également cette lecture.
Fort de son vécu, Perkins a rappelé à quel point la confiance d’un entraîneur peut conditionner la carrière d’un joueur. Il s’est appuyé sur sa propre expérience à Boston pour illustrer son propos. « Aucun vrai basketteur ne peut être à son meilleur si son esprit n’est pas clair et si son coach ne croit pas en lui », a-t-il expliqué, soulignant que Doc Rivers lui avait offert cette confiance dès l’âge de 23 ans, au sein d’un groupe pourtant rempli de vétérans confirmés.
À quelques semaines de la clôture du marché des transferts, l’organisation se retrouve donc face à un choix déterminant. Un départ de Jonathan Kuminga pourrait permettre à chacun de repartir sur de nouvelles bases : au joueur, de relancer une trajectoire freinée, et à la franchise, de clarifier enfin sa direction sportive. Reste à savoir si cette prise de conscience interviendra avant qu’il ne soit trop tard.
